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vendredi 11 septembre 2015

Ralentissez - Slow Down



 Ralentir semble tenir de l'utopie dans notre ère de performances, de vitesse et de résultats. Or, en prenant le temps, on peut plus adéquatement réfléchir à un projet, à un concept et, par le fait même, probablement perdre moins de temps lors de sa réalisation. Ralentir ferait donc gagner du temps? C'est possible.

En vélo, se déplacer à toute vitesse engendre une sorte de stress. Un stress dynamisant pour certains, mais peut-être inutile pour d'autres.

"chi va piano, va sano e va lontano"
(qui va doucement, va sainement et va loin)
Ce dicton Italien résume parfaitement ce que le cyclisme urbain peut devenir pour certains.
À l'exemple de l'Europe, les gens d'affaires se déplacent en complet sans craindre l'inconfort de l'effort, car, justement, ils ne semblent pas mettre d'effort à se déplacer.

Choisir son parcours est la clé d'un déplacement en toute quiétude. En Amérique du Nord, on pense nos parcours selon nos habitudes automobiles, hormis, bien sûr, celui des voies rapides. Or, dans un cadre urbain, il existe une foule de rues à faible achalandage qui permet de se déplacer plus calmement.
Et pourquoi ne pas faire en sorte que le déplacement obligé devienne un déplacement bénéfique? Bénéfique pour la santé du corps et aussi de l'esprit.

Alors, après le "métro-boulot-dodo", allons-y pour le "vélo-boulot-molo"!

mardi 9 octobre 2012

L’auto-homobilis

Se mouvoir en ville, en vélo, peut se faire de façon très dynamique, stimulé par l’effervescence de l’environnement urbain, ou, tout au contraire, très sereinement. Tout dépend du choix de vélo (si on a la chance d’avoir plusieurs montures!), du choix de parcours, et… du choix de cerveau!

Il y a des matins où je me sens battant. Peut-être que face à l’adversité de la cité (tiens, on dirait du slam!), ou face aux préjugés des automobilistes, je veux pouvoir me faufiler rapidement et aisément pour leur montrer qu’ils perdent leur temps dans leurs bagnoles. Mais c’est justement cette attitude qui n’aide personne. L’intégrisme vélocipédique est loin d’être l’esprit à adopter pour trouver l’harmonie sur l’asphalte.
Au fait, est-ce vraiment envers les vélos que certains automobilistes, voire la plupart, semblent être en maudit? Je crois plutôt qu’à l’instar du fameux dessin animé de Walt Disney, où l’on voyait un brave banlieusard affable se transformer en véritable monstre sitôt un volant saisit*, les automobilistes québécois ont un manque de civisme notoire. Faites-en l’expérience : 9,95 fois sur 10, lorsqu’en voiture vous signalez un changement de voie, le véhicule qui vous suit en parallèle sur la voie désirée accélérera pour vous empêcher de poursuivre votre manoeuvre, c’est immanquable!

Alors c’est à se demander si l’auto-homobilis est une espèce agressive de facto. Je pense que oui, malheureusement. Et c’est pour cela qu’en tant que cycliste, je ne me sens plus personnellement visé par l’absence complète de courtoisie des tenanciers de volants.

Heureusement, il y a d’autres matins où je me sens relax et j’emprunte une autre sorte de vélo, une autre sorte de parcours et me branche sur une autre partie de mon cerveau qui heureusement, occupe une large partie de ma boîte crânienne.

*Si quelqu'un trouve la référence à ce dessin animé pseudo-éducatif... Je ne l'ai pas retrouvée sur la toile.

photo : Alec

jeudi 16 juin 2011

Pour étendre son rayon d'action...

Publié par Suzanne

Nous avons déjà la possibilité de prendre le métro avec nos vélos, et ce dans certaines plages horaires. C'est très bien. Une option dont je ne me prive pas. Il m'arrive en effet de retrancher quelques kilomètres de bitume brûlant par jour de très grande canicule. Mais cette semaine, c'est d'une autre alternative dont j'ai profitée. Je devais me rendre de Rosemont à St-Eustache. Mais par un temps splendide, prendre la voiture équivaut à rien de moins qu'une punition. Une journée de vélo perdue! Une journée de voiture à rouler sur des autoroutes pour sortir de Montréal, et sillonner les banlieues. Ouach... Alors, qu'à cela ne tienne, j'ai décidé de me prévaloir de l'opportunité que nous offre l'Agence métropolitaine de transport depuis le ler mai : prendre le train!

Encore une fois, bien entendu, il faut respecter certaines plages horaires. En fin de compte, il s'agit essentiellement d'être 'à l'envers du traffic', i.e. de sortir de la ville quand tout le monde s'amène au boulot, et d'y revenir quand tout le monde veut en sortir.

J'effectue un court trajet vers la Gare Centrale (8km) dans la fraîcheur du matin. Il faut entrer par la rue La Gauchetière, descendre de sa monture, et s'amener jusqu'au quai d'embarquement du train de banlieue choisi. Ca fait très bizarre d'entrer dans la Gare Centre, dans ce grand espace des 'pas perdus' avec son vélo. Ce n'est pas sans attirer certains regards, puisque la chose est somme toute assez récente.

On peut acheter ses titres de transport directement sur sa carte Opus. Attention, il y a des bornes pour Via Rail, des bornes Opus, puis des bornes pour les trains de banlieue, tout juste à côté des escaliers qui mènent aux trains, également identifiés 'Opus'. Ce sont ces dernières qu'il faut utiliser. Les titres achetés - les prix varient selon la zone où l'on se dirige - demeurent valides sur votre carte Opus pour une année. Une fois les titres achetés et stockés sur votre carte Opus, il ne restera plus qu'a les 'valider' au moment du départ. Une fois 'validé', vous avez 120 minutes pour prendre le train, sans quoi vos titres seront perdus. Pour certaines voies (8-9-10-11), on a même droit à un ascenseur pour descendre au niveau de la voie ferrée. C'est pas mal chic!

En principe, la voiture de queue est la voiture qui comporte les crochets pour suspendre les vélos. Mais au retour de Deux-Montagnes, on m'a dit qu'il y en avait dans la voiture de tête ET de queue. Il y a un brin de confusion que j'attribue à la nouveauté de ces services... Un 'gros' total de 4 crochets par wagon (de queue et/ou de tête). Certes c'est très très peu, c'est ce qu'on pourrait qualifié d'homéopatique! Si on conjuge 4 vélos par le nombre de trains par jour où ce service est offert, divisé par le nombre de cyclistes qui pourraient potentiellement s'en prévaloir... c'est infinitésimal comme offre. Mais si ces rares crochets sont utilisés souvent, nous aurons de meilleurs munitions pour en exiger davantage...

Pour embarquer à la Gare Centrale, c'est facile parce que le quai d'embarquement est au niveau du wagon. Pour débarquer et embarquer dans les autres stations, il faut se faire les muscles un peu, parce qu'on doit soi-même, sans aide, monter et descendre son vélo dans le train. (Attention : certaines gares ne sont pas accessibles aux vélos. Consulter le site de l'ATM.)

Dans le train, on accroche son vélo à un crochet, le vélo pend verticalement, et l'on attache la roue du bas par une sangle prévue à cet effet. On s'asseoit pas trop loin pour garder un oeil sur sa monture.

Il n'y a pas de frais pour le vélo. Le titre de transport pour le cycliste est le même que pour le passager régulier.

Ce fut un trajet des plus agréables. Arrivée à destination, hop hors du train, et à peine 15 minutes j'étais rendue à destination. Le retour fut tout aussi sans douleur. Le trajet en train est confortable. Et le tarif raisonnable si l'on compare aux coûts en essence pour pareil trajet (7$ l'aller-simple pour se rendre à Deux-Montagnes).

J'ai vu trois autres personnes avec des vélos, dans tous les cas, des gens qui n'ont fait qu'une portion de la ligne Montréal-Deux-Montagnes, mais qui semblaient tous parfaitement familier avec la chose. C'est dans les faits très convivial, et j'ai été étonnée de l'attitude des autres passagers qui n'étaient pas irrités, mais au contraire très coopératifs.

Le site de l'Agence vous donnera toutes les informations - vélos autorisés, directives, plages horaires, etc. - ainsi que les horaires des trains.

Je trouve que de pouvoir aller rouler à la périphérie de Montréal SANS prendre la voiture pour s'y rendre, c'est une perspective tout à fait réjouissante. Souvent, le trajet aller-retour pour simplement sortir de la région de Montréal, c'est déjà pas mal de kilomètres, des kilomètres en milieu urbain qui ne sont pas nécessairement ceux qu'on a envie de faire ce jour-là.

Alors que de se laisser conduire, à bord du train, c'est chouette. Apporter un casse-croûte, un café, petit-déjeuner dans le train si le coeur vous en dit, et vous arriverez au lieu de départ de votre ballade frais et dispo !

mardi 14 juin 2011

Luc Ferrandez, un homme à contre-courant?

Luc Ferrandez enfourche fièrement sa monture, un Classico, pour se déplacer sur son Plateau, son arrondissement. Il en a bien le droit et il donne un bon exemple. Luc Ferrandez est le Maire du Plateau Mont-Royal.

Ardent défenseur de la qualité de vie urbaine, il tente de modifier les consciences et l'environnement urbain de son arrondissement par des mesures que certains pourraient qualifier de radicales mais qui vont dans un ordre d'idée précis : Rendre le milieu urbain plus vivable, plus humain.

Éliminer les immenses panneaux publicitaires qui défigurent l'espace visuel et architecturale, augmenter les zones de parcomètre pour un peu aider l'économie locale mais surtout baisser l’affluence des autos-collantes, et créer des sens uniques afin d'empêcher que les rues du Plateau deviennent des artères secondaires qui ne peuvent supporter un trafic croissant.

Mais depuis peu, depuis qu'il applique ses plans pour faire du Plateau un nouveau milieu urbain où il fait bon vivre, il se butte à des oppositions farouches, voire enragées des automobilistes chassés des petites rues résidentielles.
Malheureusement pour lui, il a appliqué la première phase de son plan de match alors que la ville bloquait elle-même certaines rues pour des travaux de rénovation du réseau. Mauvais "timing"!

Luc Ferrandez voudrait éliminer la circulation de transit, celle des automobilistes qui utilisent les rues du Plateau uniquement pour passer du Nord au Sud de l'île de Montréal. Ce flot de voitures encombre et sature les petites rues de l'arrondissement.

Ce maire, peu orthodoxe, sait que son quartier est celui qui compte le moins de propriétaires de voiture de l'île. Il sait qu'avec de la bonne volonté et une certaine vision d'avenir, ses idées ont du sens. Mais en créant des "sens uniques", dans tous les "sens" du terme, il frappe le mur de la philosophie du "tout à l'auto".

Pourtant le modèle de plusieurs villes, américaines et surtout européennes, nous montre qu'un centre-ville dégagé de circulation crée un modèle économique extrêmement dynamique, viable et une qualité de vie citadine grandement améliorée.

Luc Ferrandez pense à long terme. Mais ce parcours est parsemé d'embûches, car la circulation est une science aussi aléatoire que la météorologie. Ferrandez doit se rappeler de la théorie du chaos, car il s'agit bien de cela.
Mais courage! Du chaos naît toujours quelque chose de bien.

Pour le côté humain, Luc Ferrandez avoue être fatigué par toutes ces controverses. Lui qui pense à bien pour son quartier, doit faire face à de l’incompréhension.
Fatigué? Un autre défi l'attend : un premier enfant. Des nuits interrompues ou même blanches pour les deux à trois prochaines années, voire plus! Fatigué? Épuisé sera-t-il. Va-t-il pouvoir tenir le Fort? Nous le lui souhaitons. Mais pour ce faire, il lui faudra des appuis.

Pour lui envoyer des mots d'encouragements :
http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=7297,75021584&_dad=portal&_schema=PORTAL&id=80423570

photos : Marie-France Coallier

André Pichette, La Presse

mercredi 19 mai 2010

Pourquoi aller se foutre dans le trafic?


artist: Blu
location: Lambrate Rail Station, Milan, Italy
images by Porpora60


Comme aurait pu dire avec délicatesse Foglia : « Pourquoi aller se foutre dans le trafic? ».
À mon sens, un des gros problèmes de nos comportements en vélo, c'est que l'on pense comme des automobilistes. On établit nos trajets selon ce qu'on a toujours appris, puisque nous vivons sur un continent à la philosophie exclusivement automobile.

Le "Slow Bike" essaie justement de proposer une autre façon de penser, de faire en sorte que le déplacement cycliste ait sa propre philosophie, sa propre démarche. Le "Slow Bike" n'est pas synonyme de lenteur, mais d'approche cycliste. C'est une autre vision des choses. Tout comme le "Slow Food", qui ne veut pas dire de manger lentement, mais de penser à ce que l'on mange et surtout de l'apprécier et d'enrichir sa qualité de vie, le "Slow Bike" repense le vélo en fonction de soit, de la qualité du trajet et du bien-être que ce déplacement doit nous procurer.

Il y a toujours un chemin alternatif plus agréable, moins stressant et, évidemment, plus sécuritaire.
Bien sûr, en ville c'est plus facile. Il y a tellement d'alternatives. À la campagne c'est moins évident, surtout dans nos régions où les petites routes ne sont pas légions. Nous ne sommes pas en Europe où les ramifications routières sont de l'ordre de la toile d'araignée sur l'amphétamine.

Mais, personnellement, j'ai sillonné en moto, durant plusieurs années, la Rive Nord, les Laurentides, la Rive Sud, la Montérégie et même les Cantons de l'Est afin de trouver ma maison de rêve. Et mon jeu était de ne jamais prendre les 112, 116 et autres 117 de la Province. Et c'est possible. Bien sûr, ce n'est pas toujours les chemins les plus directs. Ça rallonge un peu le trajet quelques fois. Mais fait-on du vélo ou du TGV? C'est là aussi que la mentalité automobile trace souvent la mauvaise voie. « Toujours le plus court chemin ». Si on ne veut pas faire de kilomètres en vélo, il ne faut pas faire de vélo, c'est bien plus reposant!

En voiture on détermine son trajet du point A au point B. En vélo on devrait le créer du point A au point Z, car il y a tant de belles lettres à découvrir en chemin!

jeudi 25 mars 2010

Le pont



Aah! Ce pont Jacques Cartier. Mon préféré, je l'avoue. Une piste cyclable large, une vue imprenable! Imprenable? Une drôle d'expression d’ailleurs, qui signifie le contraire finalement... avec un appareil photo, on prend tout ce que l'on veut!

Cette vue surplombant les toits de Montréal, le fleuve et ces navires... On peut y voir la laideur d'une métropole : Des toitures fatiguées et rafistolées, des ruelles encombrées et sales, des architectures désespérément disparates, un fleuve inlassablement souillé et des navires aux coques suintantes de rouilles. Mais on peut aussi y voir la beauté de l'effervescence d'une grande ville, l'éclectisme créatif et bigarré d'une cité en constante mutation, la dynamique et l'énergie urbaine...

Chaque fois que je traverse le pont, en vélo, en direction de Montréal, je me réjouis de me baigner dans cette atmosphère urbaine unique en Amérique du nord. Le pont m'offre une transition métallique, un enchevêtrement de poutres d’acier rythmées de millier de rivets, un passage hors du temps qui me propose la ville de haut et de loin, tout en m'y amenant sûrement et certainement. Ce passage est comme un élan (surtout dans la dernière descente!) vers le "tout possible".
Pour ceux qui ont une appréhension face aux ponts en général, sachez qu'aucun d'eux ne peut s'enorgueillir d'avoir une facilité de passage cycliste aussi agréable. Pour ceux qui ont peur de devoir faire face à de longues ascensions : « Que nenni »! Il s'agit de faux plats qui, s’ils sont bien gérés, (c'est-à-dire partir doucement, petite vitesse), s’avalent tous seuls.

Et que dire de cette vue en direction inverse, lorsque quittant la métropole on revient sur la rive sud, une image nous frappe : c’est l’impression d’aller plonger dans une épaisse forêt d’où émergent, ça et là, quelques bâtisses, trahissant la présence d’une « vie après le pont ».

Le long de la traversée se trouvent quelques aires d'arrêt qui nous permettent  d'admirer la vue, sans gêner le passage. Au loin se dessinent les ponts Victoria et Champlain qui semblent être des frêles chenilles de fer ou de béton, lévitant sur un fleuve large et généreux.
À mi-chemin du pont, on pourra s'arrêter et lire la plaque commémorative nous racontant l'histoire de ce pont. On y fait de surprenantes découvertes! Historiquement, le pont a son lot d'anecdotes et de légendes urbaines. Comme par exemple, les fameux pointes de piliers en forme de tour Eiffel, qui ont fait croire à bon nombre que celles-ci auraient été offertes par la ville de Paris, ou mieux encore, que le pont aurait été ébauché par Eiffel lui-même. C'est en fait le buste de Jacques Cartier, qui fut offert par la France.

Et cette fameuse capsule temporel où serait enfermé quelques artéfacts de 1926, capsule enfouie dans une pierre angulaire dont on aurait perdu l’emplacement exact suite à la modification du tracé original, côté Montréal...

Et ces quatre étranges tours de service, d'un style incongru, frisant l'arabisant? Sans parler de cette salle de bals en dessous de vos pieds alors que vous passez entre les tours. Une salle de bals? Oui, oui! Une immense alcôve abandonnée se cachant sous le tablier du pont, vestige des idées de grandeur d'une certaine époque.

Et finalement, que dire de cette petite jouissance presque prétentieuse lorsque vous circuler librement et aisément sur la piste alors que le flot de véhicules, sur le tablier, se trouve engorgé, ralenti, voire complètement coincé? Vous vous sentez observés par ces automobilistes jalousant peut-être votre apparent plaisir de vivre!
À lire : L'historique du Pont Jacques Cartier
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pont_Jacques-Cartier
http://www.pjcci.ca/Francais/jacques-cartier/historique.HTM


photo principale : Colocho
photo des embouts du pont : Stéphane Batigne
photos : Alec

mardi 20 octobre 2009

Toujours prêt!



Toujours prêt! Cela devrait être la devise de tout bon vélo, d'autant plus pour des vélos urbains.
Rien de pire que de "serrer" un vélo au fond d'un garage, d'une remise ou d'un sous-sol. C'est un obstacle à la spontanéité. Il faut alors non seulement y penser, mais s'organiser pour le sortir de son entrave. C'est alors tellement plus simple de sortir ses clés de voiture!

Mais lorsqu'il est question d'aller faire une petite commission rapide dans le coin, c'est franchement plus rafraîchissant de sauter sur sa fidèle monture. Encore faut-il que celle-ci soit à portée de mains et de pieds.

Pour ce faire, il y a un truc très simple : il faut mettre son vélo le plus proche de la sortie de sa maison, à l'intérieure ou à l'extérieure, selon ses disponibilités. Excellent rappel visuel, excellent incitatif aussi.
Le plaisir que procure un déplacement court en vélo vaut la peine de s'organiser pour que cela vous paraisse tellement simple que vous ne puissiez plus vous en passer. Bref, s'organiser pour ne pas avoir à s'organiser...!
Vous remarquerez alors que ces déplacements courts sont bien plus rapides en vélo, même en pédalant tranquillement. Plus besoin de tourner en rond pour trouver un stationnement.
Ces déplacements courts vous feront remonter à la surface des souvenirs d'enfance, alors que vous arpentiez votre quartier avec votre premier vélo.
Cette liberté retrouvée, vous aurez goûter à une sensation qui, du fait de sa courte durée, vous donnera envie de répéter l'expérience encore et encore. Vous vous apercevrez alors que le kilométrage de votre automobile stagne. Et c'est tant mieux!

mercredi 30 septembre 2009

Sensationnalisme

Les médias, par réflexe sensationnaliste peut-être, ne seraient-ils pas en train de freiner les bonnes intentions face au cyclisme urbain? En fin de semaine il y avait (encore) un papier sur la relation automobiliste et cycliste.

Sous le couvert des statistiques, on relatait une augmentation de 22 % des accidents impliquant des cyclistes. Il y a plusieurs façons de faire parler des chiffres et chacun peut avoir sa lecture des résultats. Mais à vouloir ne voir que des chiffres on peut ne pas voir ce qui se passe en réalité.
Si on annonce une augmentation significative des accidents, il faut aussi se rendre compte qu'il y a de plus en plus de cyclistes, surtout avec l'avènement du vélo libre-service. Cela voudrait dire que les cyclistes sont de plus en plus à risque? Plus il y a de cyclistes, plus il se peut qu'il y ait d'incidents, tous comme plus il y a de voitures ou toutes autres formes de transport, plus il y a possibilité de collisions.

On peut analyser les chiffes de statistiques comme le verre à moitié plein ou vide. On peut les faire parler selon sa vision des choses ou ses convictions. Je préfère observer la rue et voir la situation telle qu'elle m'apparaît. Je ne me sens pas plus en danger qu'auparavant. Je remarque qu'il y a plus de cyclistes. Je remarque que les congestions routières augmentent. Je remarque que les consciences changent. Et tout cela me suffit à me convaincre que nous avançons vers une bonne solution. La meilleure? Je ne sais pas. Y a-t-il une solution idéale?

samedi 8 août 2009

Conscient ou inconscient?

La culture cycliste urbaine d'Amsterdam est clairement basée sur le "Slow Bike". Mais comme le dit de façon humoristique ce signe : il ne faut pas exagérer.

À Amsterdam, ou à Copenhague, la plupart des cyclistes n'ont pas de casques, parlent au cellulaire, tiennent leur mallette d'une main et le guidon de l'autre, si ce n'est pas toute l'épicerie avec en prime, un pot de fleur. On les voit aussi transporter leur progéniture dans des cycloporteurs très populaires dans ces régions... C'est cool, c'est relaxe, c'est sympathique à voir.

Mais de notre oeil de nord-américains, cela semble incongru, inconscient, voire carrément dangereux. Y'a-t-il beaucoup plus d'accidents? Je ne le sais pas. Il faudrait étudier les statistiques.

Ce que je me pose comme question est, hormis le fait qu'il y ait un manque évident de trajets cyclables dans nos villes, est-ce le fait que nous soyons conscientisés par la sécurité et les risques inhérents à la pratique du vélo dans un monde de voiture, qui nous freine dans une envie simple et naturelle d'enfourcher une bicyclette pour nos cours déplacements? Est-ce que l'arrivée du Bixi va changer cet état de fait et révéler une certaine simplicité volontaire dormante en chacun de nous?

J'ai déjà entendu des voix qui s'élevaient contre le fait que le Bixi n'oblige le port du casque ni ne le propose avec la location du vélo. J'entends régulièrement d'autres voix qui disent qu'elles ne veulent pas arriver complètement décoiffées à leur destination. D'autres voix encore, qui prétextent le soi-disant risque omniprésent du vol pour ne pas avoir de vélo. Ou est-ce l'instabilité météorologique qui refroidit les ardeurs de certains?

En fin de compte, qu'est-ce qui nous retient tant d'utiliser un vélo comme on utilise ses pieds pour se déplacer? Quelles sont les raisons principales qui empêchent d'utiliser un vélo sur une base quotidienne?

mercredi 10 juin 2009

Déplacements urbains


Photos : Mike Bajohr, chef de production Opus

Se déplacer en plein centre-ville, en vélo, peut en effrayer plus d’un, surtout ceux qui n’ont jamais vraiment roulé en zone urbaine. Mais, étonnement, avec un vélo relaxe, on s’aperçoit très vitre que le « gros » trafic est en fait très lent, et que l’on circule bien plus aisément que ce que l’on peut croire.

Me retrouvant ainsi jeudi dernier sur de Maisonneuve, puis McGill, Ste-Catherine, Guy, Sherbrooke, de la Montangne, Peel, etc, je me suis surprit à constater ce fait : Plus le trafic est dense moins il bouge, plus il est prévisible.

Les grands gratte-ciel bleutés de verre et de ciel qui me surplombaient étaient majestueux et, de part leur masse immobile, me calmaient et semblaient vouloir me protéger du soleil ardent de cette magnifique matinée de printemps. Les sons urbains rebondissaient sur les surfaces vitrées, métallisées ou bétonnées. Les courants d’airs s’engouffraient entre les tours, créant de massifs mais non agressifs vortex, rafraîchissant l’air ambiant.

En voyant le nombre incroyable de Bixi, je me suis réjoui de cette petite révolution vélocipédique. Les gars de Devinci ont vraiment fait un excellent travail de conception qui rend le Vélib français un peu passéiste. Tous les détails de ce vélo sont si bien pensés! Et le système, même s'il a besoins d'ajustements, est une telle avancée pour le milieu urbain qu'il est bénéfique pour tous.

Je me suis fait accoster à plusieurs reprises par des passants qui me demandaient où j’avais trouvé mon Cervin. Même un cycliste sur un Bixi, un homme d’affaire d’un certain âge, m’a lancé, en pointant mon vélo :
— C’est exactement le genre de vélo que j’aimerais! Ça a l'air robuste!
— ...et léger! Votre Bixi n’est pas mal non plus! lui ai-je répondu.
— Oui, il est très bien. C’est la première fois que j’essaye ce vélo. Je dois aller rejoindre des clients dans un restaurant et j’étais un peu en retard. Je me suis dit que c’était l’occasion idéale d’essayer le Bixi. En plus, je serais à l’heure!
Arrivé à un feu de circulation, il observe mon vélo de plus près.
— Mais votre vélo… Je me verrais bien là-dessus!
Et il me fait remarquer d’un geste son élégant complet italien beige.
Je lui ai souri et nous sommes repartis.

Voilà pourquoi je suis si heureux que le Bixi se soit implanté en ville. Il donne le goût à plus de gens d’enfourcher un vélo. Il démystifie le déplacement urbain et le fait d’utiliser un bicycle de façon quotidienne. Il fait découvrir que le vélo n’est pas forcément un sport, mais avant tout un moyen de transport. Et comme il ne s’agit pas d’un vélo de vitesse (il n’en a que trois), il fait découvrir le « Slow Bike » à des gens qui ne pensaient même pas pédaler, ni en ville, ni même près de chez eux.

lundi 30 mars 2009

Slow Cycling



Musique: Gasoline - Brad Sucks
Source :
www.amsterdamize.com

"Slow Cycling"

En créant les vélos Urbanista, nous voulions aborder l'image du vélo urbain d'Amérique du Nord de façon différente. Ces images de cyclistes à Amsterdam reflètent cette façon de penser. Tous est dans l'allure. Pas seulement l'allure vestimentaire, car on est loin du cuissard et du maillot, mais aussi, et surtout, dans la façon de se déplacer en vélo.
Il n'est pas question d'effort. La mise en forme se fait "de facto". Il n'est pas question de performance, mais de confort et d'un rythme différent. Malgré qu'au titre de la performance, le fait de bien choisir les composants du vélo en le créant, est un gage de douceur de roulement et de changement de vitesses. Même au niveau de la géométrie, la recherche de stabilité procure un confort et une assurance qui aide aussi à faire baisser le niveau de stress. On profite alors du déplacement pour se décharger des turpitudes de la vie urbaine.
Bien sûr, il faut aussi choisir ses parcours. Il n'est pas toujours facile d'éviter de se retrouver au milieu d'une circulation automobile. Mais il y a toujours moyen de trouver des chemins alternatifs. Évidemment, happé par le temps, on a tendance à se presser en tout. N'y a-t-il pas là une profonde réflexion à faire sur notre façon d'aborder le transport? Puisqu'il s'agit d'un mal nécessaire, pourquoi ne pas en faire un bénéfice?
Dessiner les vélos Urbanista relève exactement de cette question.

Bref, ces images de cyclistes européens sont inspirantes et nous font réfléchir sur la condition du vélo urbain dans nos villes d'Amérique.

jeudi 12 mars 2009

Austères et disciplinés?



« ni neige, ni grand froid »...« ni de parapluie ni de capes imperméables »


« Les Hollandais, placides et peu coquets »
images : www.amsterdamize.com
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article de Lysiane Gagnon, La Presse
Amsterdam à Montréal?
article complet, La Presse

...« Montréal ne sera jamais un terroir pour le vélo comme Amsterdam, une petite ville de 750 000 habitants où il n'y a ni côtes, ni neige, ni grand froid, et dont la population, à 80% d'origine germanique, est austère et disciplinée. Il pleut très souvent à Amsterdam, mais la plupart des gens ne s'encombrent ni de parapluie ni de capes imperméables, accessoires peu pratiques en vélo. Les Hollandais, placides et peu coquets, ne se soucient guère d'avoir les cheveux et les vêtements mouillés. Cela ne marcherait pas à Montréal, pas plus d'ailleurs qu'à Paris, où l'on voit très peu de cyclistes les jours de pluie. »...
...« Il est irrationnel d'aménager la ville (de Montréal) en fonction du vélo, quand même dans le Plateau, seulement 6,2% de ses résidents se déplacent sur deux roues! »...

Après avoir lu l'article de Lysiane Gagnon de la Presse, je suis resté quelque peu interloqué par le propos. Ce qui est tout d'abord resté comme leitmotive dans ma tête était ce "austères et disciplinés".
C'est alors que l'image d'un maigre et longiligne cycliste de noir vêtu s'est formée dans mon esprit. Droit sur sa monture d'acier sombre et de caoutchouc sec, de cuirs fourbus et de câbles fatigués, le corps raidi par le froid germain et l'embrun marin, le nez fin et incisif d'où suinte une goutte saline et hésitante au vent glacial, les cheveux blonds en brosse ne cédant à aucun souffle ni crachin, le regard bleu d'acier perçant l'horizon désespérément plat et gris, le cycliste hollandais affronte son destin tel un fier fonctionnaire dont l'horaire et le salaire l'obligent à perpétrer son voyage quotidien sans faillir.
Ok ok, je m'égare.
Les Hollandais sont certes différents de nous. Austères et disciplinés? Dire cela est aussi réducteur que de dire que les Suisses mangent du chocolat et fabriquent des montres, que les Italiens mangent des spaghettis et que les Québécois sont des bûcherons. À en juger par le contenu et l'abondance de sites de vélo Hollandais, Danois ou Anglais, on peut être loin de penser que les Européens du Nord sont austères et disciplinés?
Austères? Les Hollandais, sont placides et peu coquets? Si le "Cycle Chic" est considéré comme une mode austère pour certains, je crois plutôt qu'il démontre que le cyclisme urbain peut-être d'une élégance raffinée et remarquable, et montre bien que le vélo n'est pas forcément synonyme d'effort outre mesure et de sueur obligatoire.
Disciplinés? Rouler en parlant au cellulaire, rouler sans casques, rouler à deux sur un vélo... Ce sont quelques comportements qui sont loin d'être de l'ordre de la discipline cycliste. En tout cas qui seraient vus d'un mauvais oeil ici. Je pense plutôt qu'en place du mot "discipline", on devrait plutôt mettre le mot "civisme". Oui il y a un civisme certain et tangible quant à la façon de partager les rues en vélo. Lorsqu'on observe leurs voies cyclables, il est rare de voir des situations potentielles de face à face.

Et pourquoi dire : « Il est irrationnel d'aménager la ville (de Montréal) en fonction du vélo, quand même dans le Plateau, seulement 6,2% de ses résidents se déplacent sur deux roues! »...? Je suis utopiste peut-être, mais je reste convaincu que c'est en offrant une infrastructure fonctionnelle et bien pensée que l'on arrivera à faire évoluer les mentalités et proposer un autre style de déplacement quotidien à plus de gens encore. Et de ce fait, améliorer une foule de choses qui sont autant de bénéfices individuels, comme la santé, que de bénéfices collectifs, comme la qualité de l'air.
Faire aimer le vélo, et à ce titre, dessiner des bicycles sympathiques est une façon de le faire, faciliter son utilisation au quotidien, encourager le travailleur à prendre ce moyen de transport, voilà des actions concrètes qui changent les choses. Certaines entreprises l'ont compris et bonifient même financièrement le navettage de leurs employés.

Montréal ne sera jamais Amsterdam, j'en conviens. Mais mis à part nos hivers, ce n'est pas à cause du manque de pistes cyclables, en fait, que Montréal n'atteindra jamais le taux d'usager à deux roues d'Amsterdam. C'est plutôt à cause de l'idée nord-américaine longuement reçue et perpétrée que point de salut sans l'automobile. Enfin, par les temps qui courent, et ils courent vite, on pourrait enfin commencer à en douter un peu.

lundi 9 mars 2009

Ouverture du Pont Jacques-Cartier

...et des autres passages.





étude photo des structures métalliques du pont Victoria
©Alec2009

La voie cyclable du Pont Jacques-Cartier ouvre "aussitôt que possible", selon la société des ponts Jacques-Cartier, Champlain et Mercier. Bon, ok! Est-ce pour bientôt? Après des belles journées comme celle entre autres de dimanche dernier, c'est frustrant de penser qu'il n'y a aucun moyen de passé de la Rive Sud à Montréal à moins de changer de type de véhicule.

On le sait, je ne suis pas un cycliste d'hiver, mais je me soigne. Et dans la voie de cette thérapie, je me conditionne à enfourcher mon vélo pour ces prochains jours afin d'effectuer mon trajet pour le bureau (30 km). Si cela n'avait pas été de la fermeture du pont, je me serais botté les fesses pour y aller ce lundi.

Sur le site officiel de la société des ponts, il n'y a pas d'indication d'ouverture prochaine. À moins qu'un communiqué ait été publié ailleurs...
Et puis d'autre part, compte tenu qu'il y a de plus en plus de cyclistes hivernaux, et que la ville a déjà entretenu cet hiver quelques pistes, serait-il possible de s'accorder avec l'administration du pont pour permettre un accès des deux rives?

Réponse des dites autorités :
"Cette mesure de fermeture doit être prise chaque année pour la sécurité des usagers et en raison des difficultés d'entretien des surfaces durant l'hiver. En effet, la brume qui résulte des caractéristiques climatiques au dessus du Fleuve est propice à la formation de glace noire, sans mentionner l'inclinaison des surfaces nécessaire à l'évacuation des eaux, qui rendent les trottoirs dangereux pour les cyclistes et les piétons. De plus, les contraintes physiques font en sorte qu'il est coûteux de les déneiger."
Ok, ce sont des arguments qui se tiennent.

Mais qu'en est-il des autres rares accès? L'écluse du pont Victoria, par exemple, qui donne accès soit au circuit Gilles Villeneuve et par la suite au pont de la Concorde pour rejoindre le Vieux-Montréal, soit par la voie maritime et l'estacade du pont Champlain pour rejoindre Verdun ? Le seul accès par la passerelle de la 132 est tout bonnement bloqué par un amoncellement de neige tassée par la ville de St-Lambert.

Cyclistes d'hiver, avez-vous des passages secrets?

Après cette journée de dimanche, j'ai hâte, j'ai tellement hâte te faire mon parcours quotidien et de reprendre "mon" pont Jacques-Cartier et sa vue imprenable sur Montréal. Vous ai-je dit que j'avais hâte?