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vendredi 11 septembre 2015

Ralentissez - Slow Down



 Ralentir semble tenir de l'utopie dans notre ère de performances, de vitesse et de résultats. Or, en prenant le temps, on peut plus adéquatement réfléchir à un projet, à un concept et, par le fait même, probablement perdre moins de temps lors de sa réalisation. Ralentir ferait donc gagner du temps? C'est possible.

En vélo, se déplacer à toute vitesse engendre une sorte de stress. Un stress dynamisant pour certains, mais peut-être inutile pour d'autres.

"chi va piano, va sano e va lontano"
(qui va doucement, va sainement et va loin)
Ce dicton Italien résume parfaitement ce que le cyclisme urbain peut devenir pour certains.
À l'exemple de l'Europe, les gens d'affaires se déplacent en complet sans craindre l'inconfort de l'effort, car, justement, ils ne semblent pas mettre d'effort à se déplacer.

Choisir son parcours est la clé d'un déplacement en toute quiétude. En Amérique du Nord, on pense nos parcours selon nos habitudes automobiles, hormis, bien sûr, celui des voies rapides. Or, dans un cadre urbain, il existe une foule de rues à faible achalandage qui permet de se déplacer plus calmement.
Et pourquoi ne pas faire en sorte que le déplacement obligé devienne un déplacement bénéfique? Bénéfique pour la santé du corps et aussi de l'esprit.

Alors, après le "métro-boulot-dodo", allons-y pour le "vélo-boulot-molo"!

lundi 26 juillet 2010

Balades à vélo à Montréal


photo : Alec

Balades à vélo à Montréal, de Gabriel Béland, journaliste à La Presse, paru aux Éditions Ulysse.
Ce guide fort bien monté propose 15 balades thématiques, d’une durée allant de deux heures à une journée complète, minutieusement détaillées, cartographiées et commentées. Ainsi on pourra découvrir un Montréal différent à chaque sortie. Le Montréal créatif, architectural, ouvrier et bourgeois, design et historique.
L'auteur semble être un adepte du Slow bike car il considère que limiter ses promenades aux pistes cyclables risque de nous priver de découvertes insoupçonnées et tellement agréables.

C'est un guide qui propose vraiment d'aborder Montréal d'une nouvelle façon.

lundi 5 juillet 2010

Maintenant qu’il fait enfin beau!


Opus Cervin 2010
photo : Alec

Bon, c’est l’été. Maintenant qu’il fait enfin beau, heu... avec passages nuageux, orages, gèle au sol et canicules, bref un été de par chez nous, on voit les cyclistes pulluler. (j’ai pas dit puer! Quoique!). On voit aussi le retour du débat (chialage interactif) auto-vélo.
Loins des affres philosophiques des uns et des autres, je roule, « cool » (j’ai pas dit roucoule! Quoique!), le long de mon trajet boulot-maison.

C’est drôle, mais on lit beaucoup de choses sur les difficultés d’être un cycliste en ville. Les forums explosent de commentaires et de réprobations de tout genre. Et moi je roule « cool » et ne semble pas passer dans la même ville que décrivent tous ces gens derrière leurs écrans. Suis-je dans une bulle? Ai-je un champ de vision faussé par mes utopies de « Slow Bike »? S’il est faussé, il est plutôt agréable! Et qu’il reste faussé! Non, je pense que je roule différemment. J’ai déjà roulé comme le décrivent certains, à fond, la performance suante dans sur le front. Ça donne quoi? Gagner du temps? Mais je ne suis pas en voiture, je suis en vélo! C’est avant tout un déplacement qui devrait être agréable, un stimulant le matin, un relaxant le soir. J’entends parler de trafic frôlant le fragile cycliste sans défenses. Pourquoi vouloir faire face à un éléphant si on n'a qu’une brosse à dents comme argument? Ok, ok, il pourrait trouver cela rigolo de se faire nettoyer les défenses avec un tel soin. Non, mais pourquoi se foutre dans le trafic alors qu’il y a tant de jolies et calmes petites rue en parallèles?

Effectivement, depuis que je prends ça « cool », mon navettage n’est plus le même, et je ne vis plus ce stresse que tous décrivent avec tant de vigueur, voire un certain plaisir.

lundi 28 juin 2010

Le fixe et le rebel

Je dois l'avouer, je ne suis pas un adepte des vélos à pignon fixe (Fixie). Enfin, je veux dire "pas un connaisseur" mais plutôt un admirateur de ces vélos, en tant que designer, car ce sont souvent de très beaux objets.
Ma curiosité l'emportant, et aussi une bonne part d'inconscience face à la nouveauté, ce qui m'a valu quelques aventures... intéressantes, il m'est arrivé de vouloir tester la chose fixe.
La dernière fois que cela est arrivé était tout récemment, lors d'une soirée avec un ami qui, voyant mon vélo à l'allure rebelle, mon Jura, m'a lancé une invitation à l'échangisme vélocipédique. Ah!? Bon! Nous nous sommes donc passés pour la soirée nos vélos respectifs.

Ouch! Un pignon fixe! Lorsqu'on n'est pas habitué, la chose vous fait décoller de votre selle dès la première tentative d'arrêt, car le pédalier, lui, ne s'arrête pas. « Me voilà au Cirque du Soleil! » me suis-je dit car point de roue libre salvatrice et bienveillante pour me soulager de l'entraînement inertiel. On est très proche du vélo de piste, autant celui de l'anneau de bois que celui du cercle sous chapiteau. Par réflexe de cycliste, ou par égo (!), j'essayais de dompter la bête, tant elle était fougueuse et homogène. Mais il faut se rappeler que ce n'est qu'une mécanique à l'objectivité impitoyable. Et c'est moi qui me suis retrouvé pitoyable à vouloir freiner selon mes standards et mes réflexes... Par chance, ce Fixie n'était pas des plus puristes et avait tout de même des freins. Oui, oui, les "vrais" Fixie n'ont non seulement pas de roue libre, mais pas de freins non plus. C'est visuellement très "clean", mais passablement casse-gueule!
Ok! On oublie tout et on recommence!

La sensation de la transmission directe, sans compromis, est vraiment quelque chose à découvrir! D'ailleurs, il faut se rappeler que dans un passé pas si lointain, le vélo ne connaissait ni la roue libre ni, a fortiori, les vitesses! Même, lorsque ces éléments sont arrivés progressivement, les puristes de la petite reine ont crié à la tricherie par utilisation de technologie déloyale favorisant les athlètes. C'est fou quand même comme chaque étape du progrès dérange. Mais ceci est un autre débat.

La question existentielle que je pose est : Pourquoi rejeter ce qui a été inventé pour le bien du cycliste, soit la roue libre et les freins? Au nom de la différence? De la mode? Des tendances? Il est vrai qu'à ce titre on peut voir toutes sortes d'aberrations, que ce soit en habillements, évidemment ou ailleurs... Ok, un autre débat encore!

Bref! Que le vélo soit en vitesse unique, passe encore! Et même, je dirais qu'en ville, avec un bon ratio pignon-plateau, le concept est vraiment bien adapté. Cela offre un vélo simple et très design, délesté physiquement et visuellement de câblages, de mécanismes et autres quincailleries. Pur, quoi!

Quoi qu'il en soit, j'ai découvert des sensations nouvelles avec ce vélo. Et mon âme de gamin a vite ressurgit et prit le dessus. Petites accélérations dynamiques, regards furtifs, "zigonnages" urbains et autres feintes créatives. La manœuvrabilité et la légèreté de ce vélo étaient rafraîchissantes.
Et que dire de mon ami sur mon vélo. Il avait le sourire accroché jusqu'aux oreilles. À tel point, qu'a la fin de la soirée, il m'a demandé s'il pouvait le garder... pour une semaine! « Prends mon Fixie, je garde le tien! ». « T'es fou!? ». Il faut dire que je suis très, très attaché à mon nouveau destrier. Rien à voir avec un Fixie. Vitesses, freins... Aah! Beaucoup plus tranquille! Pas un "Cruiser" non plus, même s'il en a un peu l'allure. Avec sa dégaine "cool" et rebelle à la fois, il a quand même une géométrie performante qui permet de bien pédaler, avec efficacité.
Je m'en suis donc retourné chez nous avec mon Jura, à travers les petites rues printanières et nocturnes de Montréal, à une toute autre cadence qu'avec le Fixie, beaucoup plus "Slow Bike", humant le temps qui passe, écoutant le vrombissement la ville et les furtives scènes émanent des fenêtres ouvertes d'appartements du Plateau.

Je peux maintenant comprendre, partiellement, l'engouement pour les vélos à pignon fixe. Cela donne un vélo en totale harmonie avec un certain aspect de l'urbanité : Fougue créative, rythme trépidant, risques assumés, individualité affirmée.

mardi 8 juin 2010

Le cyclisme judéo-chrétien


photo : Alec

Je sais que je ne me ferais pas que des amis avec ce billet, mais j'ai eu une drôle de pensée face au Tour de l'Île de cette année. Voici que plus de vingt mille cyclistes ont affronté avec bravoure dame nature, selon les termes très appropriés des médias. Des cyclistes transits de froid, mouillés jusqu'aux os avec un seul but en tête, une seule pensée, une seule vision motivante : « L'arrivée! ».
Fiers d'avoir souffert durant cinquante kilomètres, fiers de n'avoir jamais lâché malgré la pluie, le vent, les couleurs ternes du ciel, la fatigue grandissante, ou même l'insoutenable envie de pisser!

Faut-il parcourir le Golgotha pour avoir du plaisir? Et d'ailleurs, est-ce vraiment du plaisir? Bon, je sais (et j'en ai été), il y a ceux qui aiment que cela soit rude pour se sentir plus vivant encore. Mais n'est-ce pas là une façon de penser judéo-chrétienne qui valorise le martyre comme tribu à payer afin d'atteindre la rédemption? Quoi? Faut-il se faire pardonner le fait d'aimer avoir du plaisir? Pour bon nombre, c'est encore très ancré dans leur conscience. Mais n'est-on pas sorti de la grande noirceur? Enfin... Dimanche, c'était encore la noirceur pour beaucoup.

Est-ce que l'un des vingt mille cyclistes se souvient avoir profité du parcours pour regarder la ville sous un nouvel angle, libre de voiture, remarquer l'architecture hétéroclite de Montréal et ses innombrables subtilités, observer les couleurs et le graphisme urbain, les arbres, les fontaines et les sculptures, les gens qui passent, leurs regards, leurs enfants, la vie quoi? Peut-être. J'avoue que, dans de telles conditions atmosphérique, il est difficile d'avoir la même sérénité que lors d'un soleil radieux, d'une chaleur douce et de couleurs éclatantes.

Alors je me dis que pour faire aimer le vélo au plus grand nombre, particulièrement à ceux qui n'ont jamais enfourché un cadre, pour qui le moindre effort est déjà de trop, je ne sais pas si de leur montrer qu'il faut souffrir pour avoir du plaisir est la meilleure voie de communication. Je me demande si ce ne sont pas les médias, préférant l'angle dramatique de toutes choses, qui nous influence dans la façon de décrire nos expériences.

Je préfères dire aux gens qu'il y a un autre monde qui n'a rien à voir avec ce qu'on leur dit à longueur d'année dans les médias, qu'il n'y a pas que l'effort, la performance, la glorification de la souffrance, qu'il n'y a pas que les cyclistes happés, écrasés, martyres de la sainte voie automobile, qu'il n'y a pas que les vols de vélos (il y a aussi les vols d'autos!), qu'il n'y a pas que la circulation, la congestion, le smog (il y aussi le rhum, les allergies...! Je rigole!). En deux mots, il y a aussi le "Slow Bike".
Pourquoi souffrir lorsqu'on peut sourire?

Mettre la pédale douce. Voilà l'expression consacrée. La douceur, même sous la pluie. Car moindrement équipé, un simple crachin ne gène en rien la balade en vélo. Et s'il s'agit d'une pluie battante, pourquoi ne pas faire une pause dans un petit café sympathique? Et s'il n'y a pas de café sympathique? C'est que vous n'êtes plus en ville! Ou bien simplement pas du coin. Mais si vous avez l'habitude de circuler en vélo en ville, vous êtes alors de tous les coins, car vous aurez bien plus facilement remarqué, lors de vos multiples déplacements, les restaurants, les terrasses et les cafés agréables, bien mieux qu'en voiture.

Les voix du cyclisme ne sont pas impénétrables, et surtout pas imperméables!! Amen!

mercredi 19 mai 2010

Pourquoi aller se foutre dans le trafic?


artist: Blu
location: Lambrate Rail Station, Milan, Italy
images by Porpora60


Comme aurait pu dire avec délicatesse Foglia : « Pourquoi aller se foutre dans le trafic? ».
À mon sens, un des gros problèmes de nos comportements en vélo, c'est que l'on pense comme des automobilistes. On établit nos trajets selon ce qu'on a toujours appris, puisque nous vivons sur un continent à la philosophie exclusivement automobile.

Le "Slow Bike" essaie justement de proposer une autre façon de penser, de faire en sorte que le déplacement cycliste ait sa propre philosophie, sa propre démarche. Le "Slow Bike" n'est pas synonyme de lenteur, mais d'approche cycliste. C'est une autre vision des choses. Tout comme le "Slow Food", qui ne veut pas dire de manger lentement, mais de penser à ce que l'on mange et surtout de l'apprécier et d'enrichir sa qualité de vie, le "Slow Bike" repense le vélo en fonction de soit, de la qualité du trajet et du bien-être que ce déplacement doit nous procurer.

Il y a toujours un chemin alternatif plus agréable, moins stressant et, évidemment, plus sécuritaire.
Bien sûr, en ville c'est plus facile. Il y a tellement d'alternatives. À la campagne c'est moins évident, surtout dans nos régions où les petites routes ne sont pas légions. Nous ne sommes pas en Europe où les ramifications routières sont de l'ordre de la toile d'araignée sur l'amphétamine.

Mais, personnellement, j'ai sillonné en moto, durant plusieurs années, la Rive Nord, les Laurentides, la Rive Sud, la Montérégie et même les Cantons de l'Est afin de trouver ma maison de rêve. Et mon jeu était de ne jamais prendre les 112, 116 et autres 117 de la Province. Et c'est possible. Bien sûr, ce n'est pas toujours les chemins les plus directs. Ça rallonge un peu le trajet quelques fois. Mais fait-on du vélo ou du TGV? C'est là aussi que la mentalité automobile trace souvent la mauvaise voie. « Toujours le plus court chemin ». Si on ne veut pas faire de kilomètres en vélo, il ne faut pas faire de vélo, c'est bien plus reposant!

En voiture on détermine son trajet du point A au point B. En vélo on devrait le créer du point A au point Z, car il y a tant de belles lettres à découvrir en chemin!

jeudi 21 janvier 2010

Est-ce un vélo urbain?



Dans quelle mesure une ville comme Montréal peut (et devrait) devenir une métropole du vélo urbain? Pas du vélo de route sur rue, pas du vélo de montagne sur asphalte, pas du vélo hybride sur bitume, mais bien d'un type de vélo spécialement conçu pour la ville. Un vélo urbain.

Position relevée pour l'optimisation du champ de vision sans toutefois compromettre l'efficacité de pédalage. Géométrie et composantes répondants au type de conduite urbaine, comme un étalement de vitesses bien pensé pour les nombreux arrêts et redémarrages, comme une grosseur de pneus suffisante pour bien absorber les cahots de la chaussée sans pour autant créer trop de friction, comme une selle suffisamment confortable sans pour autant ressembler à un sofa...

Peut-être que bien des gens n'aiment pas faire du vélo car ils n'aiment pas leur vélo. Peut-être qu'avec un vélo offrant un meilleur confort et une meilleure stabilité, ces personnes se sentiraient plus en confiance et, avec une meilleure assurance à se déplacer dans les rues, ils se sentiraient plus en sécurité. Et si l'on ajoute la philosophie du "Slow Bike", ces gens changeraient peut-être leur point de vue cycliste face au milieu urbain.

lundi 26 octobre 2009

Petite causerie avec moi-même sur mon vélo en direction du boulot.

Le matin est frais et la lumière cendrée annonce déjà une journée radieuse. L’astre solaire me réchauffe déjà tendrement le dos. La ville au loin m’appelle telle une jungle effervescente et créative, d’où émane… Ok, ok, on se calme! Ce n’est rien qu’un parcours maison-boulot. Alors roule!

Il y a plusieurs façons d’aborder la ville en vélo. Tout dépend du type de vélo qu’on utilise. Vraiment? Oui peut-être un peu, même beaucoup! Ce matin, j’ai pris un vélo « urbain performance ». Je me suis donc soudainement senti très urbain et très… performant! Bon, ok, je suis un p’tit gars en forme, mais tout de même, ce vélo m’aide à être vif et alerte. Sont-ce là des conditions sine qua non en ville? Sine qua quoi? Laisse faire! Faut-il immanquablement être vif et alerte? Pas forcément. Il s’agit avant tout d’un choix. Si j’avais pris un vélo de navettage confort, comme mon Cervin, j’aurais certainement adopté une attitude « Slow Bike ».

Ok, ok, pour ceux qui arrivent à l'instant : À l’instar du mouvement « Slow Food », le « Slow Bike » propose un autre type de déplacement, une autre façon de gérer son parcours, pas nécessairement lentement, mais plus calmement, en regardant ce qui nous entoure, en se laissant le temps de redécouvrir son environnement. Bon, bien sûr, il faut rester concentré sur la route, mais on peut choisir un parcours alternatif moins stressant. Là est l’avantage de nos quadrilatères nord-américains : il y a toujours moyen de varier son trajet sans pour autant faire de grands détours, mais en recherchant une certaine qualité de déplacement.

Bien beau le « Slow Bike », mais ce matin, je suis sur mon vélo urbain performant. Ok! Et ça roule! Peut-être aussi du fait que j’ai passé des semaines à rouler avec mon vélo confort, j’ai tranquillement forcé mon entraînement. Peut-on parler d’entraînement? Pour ma part, je n’ai plus l’impression de m’entraîner. Cela se fait de facto. Le simple fait de maintenir une certaine fréquence fait le travail et le tour est joué! Sitôt que je grimpe sur une monture plus performante, j’ai des ailes! Et ce matin, c’est extraordinaire!

Il faut que je l’avoue, j’ai consciemment laissé la pompe à pied dans son coin, même en ayant tâté le caoutchouc. Mes pneus doivent être à 80% de leur pression normale. Mais quel confort! Avec nos magnifiques revêtements urbains et leurs multiples qualités de surface, un pneu un peu mou accentue l’impression de pouvoir avaler la route sans vergogne.

Sur ce vélo, il y a 24 vitesses. Excellent pour les longs bouts droits, mais en fait en ville, surtout lors des démarrages rapides, avoir un étalage plus large serait mieux. Cela éviterait de faire autant de petits ou de doubles changements de vitesse. J’ai essayé durant quelques jours un vélo avec sept vitesses au moyeu arrière, un Nexus Inter 7. Je m’étais dit que cela serait un gros handicap pour mon navettage journalier. Mais j’ai été très surpris de constater que l’étalage des vitesses était parfaitement adapté au milieu urbain. Des démarrages rapides! En quatre changements seulement, on peut atteindre une bonne vitesse de croisière. Il faut dire que ce vélo-ci avait des roues de 26 pouces. Moins d’inertie au démarrage.

Il y a aussi la position qui compte. Être plus penché en avant, sur un vélo de performances, pousse peut-être le sang dans le cerveau! En tout cas, je me sens plus agressif et tricote plus volontiers dans la circulation. Circulation? Quoi, moi qui en d’autres temps prône justement le parcours alternatif et sécuritaire? Oui, oui, je suis allé jouer dans le trafic. Mais il faut dire qu’en ville, plus le trafic est dense, plus il est lent et donc prévisible. À moins qu’un énervé s’énerve justement et bondisse hors de sa ligne pour faire un dépassement pas très catholique. Alors sans être protestant (ho! ho!), car ce n’est pas vraiment dans ma nature, je dévie de manière fluide et élégante, l’air de rien. Vraiment, avec ce vélo performant, j’adopte une chorégraphie assez intéressante. Il faudrait qu’on filme ça et qu’on y ajoute une trame sonore en conséquence. Hip Hop? Jazz?… Acid jazz! Et d’ailleurs, en parlant de cela, rouler en musique c’est très agréable, mais il faut l’avouer, l’oreille, pour un cycliste, c’est un peu son troisième œil. Alors obstruer celui-ci accentue les risques. Dans une seule oreille alors… Bon, nous sommes des adultes consentants, majeurs et vaccinés. À chacun d’évaluer le niveau de risque qu’il désir, ou est capable de gérer.

Et si ce matin j’avais pris mon vélo de compétition? Rassurez-vous, je ne fais pas de compétition. Me verriez-vous faire du « Slow Race »..! Blague à part, sur ce vélo, je me sens en formule 1, mais tout comme dans une formule 1, la vision n’est pas optimale, et en conditions urbaines, avoir la tête dans le guidon n’est pas des plus pratique. Mais bon, j’aurais mis la moitié du temps pour ce parcours, et je serais arrivé en nage, à bout de souffle. Je le sais pour l’avoir fait durant des années, les yeux rivés sur mon cyclomètre afin de faire augmenter ma moyenne kilomètre/heure à tout pris. Et durant toutes ces années, je n’ai rien vu du paysage! Mais quelle moyenne!

Avec une attitude de « Slow bike » j’arrive au travail frais comme une rose (ou presque), calme comme un Yoda (ou presque), oxygéné comme une plante verte… Non, justement, une plante absorbe du Co2. D’où la question fondamentale : le cycliste urbain est-il une plante verte? Ok, ok je dérape! En parlant de dérapage, les petits pneus de compétition 700/23, avec des freins à pivots, quand il est temps de freiner « pour de vrai », ce n’est pas ce qu’il y a de plus… performant. Comique pour un vélo ultra-performant. Ah, c’est vrai, un collègue qui fait de la compétition de haut niveau m’avait dit un jour, pince-sans-rire, qu’avec un vélo de course, on n'est pas sensé freiner. Ah! Je comprends mieux maintenant les Fixies, ils sont donc performants! Hum! Pas sûr!

Avec mon vélo de ce matin, 24 vitesses, freins en V, pneus 700/28, ça freine! Et plus drôle encore, avec mon vélo confort, mêmes vitesses, presque mêmes freins et pneus 700/32, quand ça freine, ça freine vraiment! Peut-être est-ce dû à la modulation des leviers? En tout cas il y a plus de contact au sol.

Bon, je l’avoue, mon vélo urbain performance à un freinage un peu fatigué ce matin. Il faut dire que les patins de freins ont du vécu. J’ai même perdu complètement leur efficacité, un jour de pluie, ce qui m’a valu une bonne « débarque » et m’a soudainement donné envie de passer aux freins à disques. J’ai donc essayé un vélo urbain doté de freins à disques mécaniques. C’est bizarre, mais au Québec, on est très réticents à utiliser des disques ailleurs qu’en montagne. Sur la côte ouest, c’est tout le contraire. Bon, cela peut se comprendre, il pleut tout le temps là-bas. Mais il faut l’avouer, ça marche plutôt bien. Certains me disent que c’est un aria à ajuster. Encore bizarre, en vélos de montagne, personne ne se plaint. J’ai remarqué que chacun a sa petite méthode pour ajuster des freins à disques qu’il considère être comme la meilleure. Alors, utilisez-là! En tout cas, une fois que les freins à disque sont rodés, c’est rassurant de savoir qu’ils donneront leur plein potentiel en tout temps.

Mais ce matin, je n’ai que mes patins usés et une roue avant légèrement tapée. « Cout-donc », sur quoi tu roules? J’ai dit que j’avais pris une « bonne débarque ». N'empêche que ces roues sont solides! Doubles parois et 32 rayons, ça aide. Malgré le nid-de-poule caché dans une magnifique flaque d’eau et mon élégant vol plané, je suis remonté sur un vélo qui ne semblait pas avoir été moindrement ébranlé ni affecté par ma mésaventure. Et comme je suis fidèle, je l’ai gardé et je l’utilise encore souvent.

Il est vrai que par ces temps-ci, ayant découvert les attraits et les bénéfices du « Slow Bike », j’ai beaucoup plus tendance à prendre mon vélo urbain confort. Bien sûr, je mets plus de temps à me rendre au travail, mais si je fais le calcul, cela me prend le même temps qu’avec mon vélo de compétition. Là tu charries un peu!

Non, non, pas du tout! Considérant que je mets (si tout va bien) un quart d’heure à m’habiller en coureur du tour de France, à préparer mon sac avec des vêtements et chaussures de rechange, à remettre mon cyclomètre à zéro, puis que je mets une heure pour le trajet, pour enfin arriver au travail, prendre un autre quart d’heure (si tout va encore bien) pour prendre une douche et me changer, cela donne une heure et demie. Si je prends mon vélo « Slow bike ». je pars tous de suite, tel que vêtu, je mets une heure et demie de trajet et j’arrive au bureau où je commence à travailler… Et c’est l’occasion de m’obstiner avec mon fameux collègue compétiteur, sur le point de vue de l’efficacité cycliste.

Mais je dois vous laisser, j’arrive justement au boulot. Bonne journée!

mercredi 10 juin 2009

Déplacements urbains


Photos : Mike Bajohr, chef de production Opus

Se déplacer en plein centre-ville, en vélo, peut en effrayer plus d’un, surtout ceux qui n’ont jamais vraiment roulé en zone urbaine. Mais, étonnement, avec un vélo relaxe, on s’aperçoit très vitre que le « gros » trafic est en fait très lent, et que l’on circule bien plus aisément que ce que l’on peut croire.

Me retrouvant ainsi jeudi dernier sur de Maisonneuve, puis McGill, Ste-Catherine, Guy, Sherbrooke, de la Montangne, Peel, etc, je me suis surprit à constater ce fait : Plus le trafic est dense moins il bouge, plus il est prévisible.

Les grands gratte-ciel bleutés de verre et de ciel qui me surplombaient étaient majestueux et, de part leur masse immobile, me calmaient et semblaient vouloir me protéger du soleil ardent de cette magnifique matinée de printemps. Les sons urbains rebondissaient sur les surfaces vitrées, métallisées ou bétonnées. Les courants d’airs s’engouffraient entre les tours, créant de massifs mais non agressifs vortex, rafraîchissant l’air ambiant.

En voyant le nombre incroyable de Bixi, je me suis réjoui de cette petite révolution vélocipédique. Les gars de Devinci ont vraiment fait un excellent travail de conception qui rend le Vélib français un peu passéiste. Tous les détails de ce vélo sont si bien pensés! Et le système, même s'il a besoins d'ajustements, est une telle avancée pour le milieu urbain qu'il est bénéfique pour tous.

Je me suis fait accoster à plusieurs reprises par des passants qui me demandaient où j’avais trouvé mon Cervin. Même un cycliste sur un Bixi, un homme d’affaire d’un certain âge, m’a lancé, en pointant mon vélo :
— C’est exactement le genre de vélo que j’aimerais! Ça a l'air robuste!
— ...et léger! Votre Bixi n’est pas mal non plus! lui ai-je répondu.
— Oui, il est très bien. C’est la première fois que j’essaye ce vélo. Je dois aller rejoindre des clients dans un restaurant et j’étais un peu en retard. Je me suis dit que c’était l’occasion idéale d’essayer le Bixi. En plus, je serais à l’heure!
Arrivé à un feu de circulation, il observe mon vélo de plus près.
— Mais votre vélo… Je me verrais bien là-dessus!
Et il me fait remarquer d’un geste son élégant complet italien beige.
Je lui ai souri et nous sommes repartis.

Voilà pourquoi je suis si heureux que le Bixi se soit implanté en ville. Il donne le goût à plus de gens d’enfourcher un vélo. Il démystifie le déplacement urbain et le fait d’utiliser un bicycle de façon quotidienne. Il fait découvrir que le vélo n’est pas forcément un sport, mais avant tout un moyen de transport. Et comme il ne s’agit pas d’un vélo de vitesse (il n’en a que trois), il fait découvrir le « Slow Bike » à des gens qui ne pensaient même pas pédaler, ni en ville, ni même près de chez eux.

lundi 8 juin 2009

La vraie révolution « tranquille » est amorcée!


Photos : Alec

La révolution urbaine du cyclisme est en marche depuis un moment, mais elle a acquis un coup d’accélérateur récemment, grâce (à cause) du marasme économique et les divers coûts de l’essence. Mais, mis à part le fait de se mettre en forme ou de donner un coup de main à l’environnement, car ces deux faits se font « de facto » sitôt que l’on enfourche sa monture, c’est surtout la découverte d’un nouveau rythme de vie dont il est question ici.

Bien sûr, on peut voir le milieu urbain comme un facteur de stress en vélo. Tout est affaire de perception et de manière d’envisager les choses. (verre à moitié…)
Si on choisi bien ses parcours, car il y a toujours des rues alternatives moins achalandées dans une ville, si on détermine bien son temps de déplacement, on découvrira que le vélo en ville procure un bien-être particulier.

Voir, regarder, entendre, même humer la ville, sont des choses que l’on ne fait plus. On se déplace du point A au point B dans le même état d’esprit qu’en automobile. Oui, nous sommes en Amérique du Nord, pas en Europe, oui, le cyclisme urbain ne sera jamais à l’image d’Amsterdam ou de Copenhague, mais il y a moyen de faire en sorte de créer notre propre cyclisme urbain. D’ailleurs, en ville, on ne fait pas du cyclisme, on « utilise » son vélo, ce qui est très différent.

« chi va piano, va sano e va lontano » (qui va doucement, va sainement et va loin). Cette sagesse issue de ce dicton italien est à la base même d’un nouvel état d’esprit du cyclisme urbain. Le « Slow Bike » à l’instar du « Slow Food » nous fait redécouvrir le vélo non plus comme un simple moyen de transport, mais aussi un moyen culturel de transport.

La vraie révolution « tranquille » est amorcée!

mercredi 3 juin 2009

Prendre le temps d'y penser


Photo : Alec

En roulant sur mon Cervin, le long du canal Lachine, proche de Griffintown, là où les industries d'antan tournaient à plein régime, et que le silence maintenant remplace le tintamarre mécanique d'autrefois, il me vient à penser à la manière de faire les choses… avant. Avant l'ordinateur, avant la recherche de performance, avant... que tout aille si vite et soit jeté aussitôt.

Bien sûr, il n'y avait pas tant de matériaux de pointe, ceux-là même qui nous permettent aujourd'hui de faire des objets plus légers, meilleur marché, etc.
Tiens, justement, sans ces nouveaux matériaux, mon vélo aurait été en acier et pèserait 45 livres, voire plus. Alors que maintenant, il est en aluminium et ne dépasse guère les 30 livres, tout équipés.
Et le vélo de compétition de mon collègue Stéphane Le Beau, le super champion du monde sur piste, le maître C qui court chez les maîtres A et qui gagne tout, son fameux vélo tout en carbone ne pèse que 15 livres...

Bien sûr, ces machines sont devenues performantes et efficaces. Mais dans cette course effrénée de l'industriel, où est passé l'artisan, celui qui passait plus de temps, peut-être trop pour certains, à faire en sorte que sont ouvrage soit le mieux fait, et surtout le plus beau? Où est l'artisan qui s'attardait aux détails, ces détails que l'on ne voit pas toujours mais qu'inconsciemment on ressent? La petite courbe subtile, la fioriture de prime abord inutile mais qui enjolive le quotidien d'une pièce mécanique brut. Où est cet artisan qui, par son intervention devenait à son tour créateur? Nous devons le retrouver dans nos gestes, dans nos façons de faire, dans notre façon d'appréhender notre présent.

Je ne suis pas contre le progrès, bien au contraire, mais pour moi le progrès devrait justement être une progression vers un "mieux en mieux", et pas forcément toujours une recherche du "meilleur à tout prix". Question de rythme.
En alliant le savoir-faire, la patience et la passion, il me semble que là aussi le temps peut jouer un rôle bénéfique. Prendre le temps de penser, prendre le temps de réfléchir, de remettre en question ce que l'on a fait, ce que l'on a créé ou produit, même de se remettre en question, car rien n'est acquis.

Les vélos Urbanista sont un écho à cette pensée. Ce qui a été bien avant, peut être aussi bien aujourd'hui et peut être encore mieux si on y pense bien, si on prend le temps d'y penser.


Photo : Alec

lundi 30 mars 2009

Slow Cycling



Musique: Gasoline - Brad Sucks
Source :
www.amsterdamize.com

"Slow Cycling"

En créant les vélos Urbanista, nous voulions aborder l'image du vélo urbain d'Amérique du Nord de façon différente. Ces images de cyclistes à Amsterdam reflètent cette façon de penser. Tous est dans l'allure. Pas seulement l'allure vestimentaire, car on est loin du cuissard et du maillot, mais aussi, et surtout, dans la façon de se déplacer en vélo.
Il n'est pas question d'effort. La mise en forme se fait "de facto". Il n'est pas question de performance, mais de confort et d'un rythme différent. Malgré qu'au titre de la performance, le fait de bien choisir les composants du vélo en le créant, est un gage de douceur de roulement et de changement de vitesses. Même au niveau de la géométrie, la recherche de stabilité procure un confort et une assurance qui aide aussi à faire baisser le niveau de stress. On profite alors du déplacement pour se décharger des turpitudes de la vie urbaine.
Bien sûr, il faut aussi choisir ses parcours. Il n'est pas toujours facile d'éviter de se retrouver au milieu d'une circulation automobile. Mais il y a toujours moyen de trouver des chemins alternatifs. Évidemment, happé par le temps, on a tendance à se presser en tout. N'y a-t-il pas là une profonde réflexion à faire sur notre façon d'aborder le transport? Puisqu'il s'agit d'un mal nécessaire, pourquoi ne pas en faire un bénéfice?
Dessiner les vélos Urbanista relève exactement de cette question.

Bref, ces images de cyclistes européens sont inspirantes et nous font réfléchir sur la condition du vélo urbain dans nos villes d'Amérique.

samedi 10 janvier 2009

Rouler mollo vers le boulot

Se rendre au travail en vélo dépend beaucoup du type de vélo que l'on choisi.
Avec un vélo de route de compétition, j'avoue qu'il est difficile de rouler tranquille. Stimulé par ma monture performante, j'ai plutôt tendance à rouler vite et fort. Je fais le parcours d'allée en une heure. L'arrivée au boulot se fait en sueur et en souffle haletant, et je mets plus de temps à m'acclimater à l'ambiance plutôt feutrée du bureau.

En choisissant mon vélo urbain performance, le parcours est "presque" aussi facile qu'avec mon vélo de compétition, la stabilité (guidon droit), la visibilité de la position plus relevée et la force de freinage en plus. Je roule plus calmement. Ok, ok, je mets plus de temps, près d'une heure et quart. Mais j'arrive au bureau beaucoup plus frais et dispos pour entamer ma journée de création de vélo!

J'ai très hâte de faire le parcours avec un vélo de type "Urbanista", notre Cervin 09
— Un quoi?
Un navetteur, un vélo "cool" fait pour les déplacements "cool", un vélo "sympathique" fait pour le plaisir de rouler. Bon, je mettrais peut-être une heure et demie au lieu d'une heure pour me rendre à mon travail, mais c'est une heure et demie de plaisir et surtout une heure et demie garantie. En voiture, il suffit d'un fragile détail (une panne, un accident, des travaux, la pluie, même le beau temps!) pour que les 40 minutes que me prend le parcours se transforme en heure, voire en plusieurs heures. Et ce genre de "détail" arrive très très souvent. C'est une vraie loterie quotidienne.

Bien sûr, pour se permettre de rouler mollo, il faut pouvoir gérer son temps de départ le matin, afin d'arriver à l'heure au bureau. Mais on se rend compte que ce n'est pas si compliqué et que, de toute façon, avec le trafic automobile qui ne cesse d'augmenter, on arrive de plus en plus en retard.

Plus je fais ce trajet en vélo, plus je découvre que prendre un peu plus de temps et de rouler tranquillement fait de ce déplacement quotidien un havre de paix, une mise en forme sans forcer et une véritable zone de décantation de la journée lors du retour. Et ça, c'est important ! Prendre le temps de vivre quoi ! Aussi le fait de rouler plus tranquillement fait en sorte que cela ne se transforme pas en corvée. Il est alors plus facile de le faire tous les jours. Bien sûr, avec le beau temps, c'est encore plus facile !
En fait, j'ai compris que je troque maintenant le coût de l'essence contre le goût de mes sens !