mercredi 10 juin 2015

Le vélo selon Picasso


Tête de taureau Pablo Picasso
Paris, printemps 1942
Selle en cuir et guidon en métal
h. 33.5 ; l. 43.5 ; p. 19 cm
Musée national Picasso


Pablo Picasso, "trifouilleur" devant l'éternel, affectionnait les assemblages hétéroclites, source de création sans limites. Ici, c'est dans un éclair que cette selle et ce guidon de vélo se sont associés dans l'esprit de l'artiste. La tête de taureau est animal emblématique de l'œuvre de Picasso.
La simplicité visuelle de cette forme n'est pas sans rappeler les peintures rupestres et, évidemment, la composition élémentaire des structures graphiques de Picasso.

On peut aussi digresser et penser que pour certains, le cyclisme urbain est une sorte de corrida dans laquelle on peut se demander qui est le toréador et qui est le taureau. Pas nécessairement ceux auxquels on peut penser de prime abord.

jeudi 12 mars 2015

Microscopie du son - Anne-Françoise Jacques

Arrivé à la soirée du 10e anniversaire de la Fonderie Darling, à Montréal, il y règne une étrange ambiance, entre effervescence créative et la nonchalance contemplative.

Les couloirs sombres de briques et de plancher de bois, d'où émergent çà et là les anciennes structures d'acier de la fonderie, ajoutent à l'envoûtante atmosphère une résonance d'un passé industriel. Un gigantesque escalier en colimaçon s'élève sur trois niveaux vers un puits de lumière blafarde. Une foule badaude et curieuse découvre tout autant le travail de plusieurs artistes que leurs ateliers de recherche. 

Entre installations énigmatiques et collages photographiques tout aussi cérébrales et obscures, quoique magnifiques, au détour d'un couloir, il y a un petit bout de femme qui s'évertue à moduler des sons étranges et cycliques en ajustant et adjacents divers pièces mécaniques déposées sur les réceptacles des bobines de vieux mini-magnétophones. Un harnachement de fils transmet le son dans de minuscules amplificateurs disséminés au sol.

Mais que fait-elle? À quelques mètres de là, il y a un dj, avec ces tables tournantes numériques qui, attendant son tour, fini son installation. Elle, dans son coin, ressemble à une petite souris qui tente de rivaliser avec un lion prêt à bondir. Pourtant elle ne semble nullement intimidée. Très concentrée sur sa performance, elle manipule avec délicatesse et précision les divers objets hétérocycliques, leur soutirant leur magnétisme afin d'en extraire leur son. Et elle y arrive sans peine, nous faisant ainsi entendre l'essence même de la matière. Frottements, ondulations, vibrations, tensions, le cyclisme auditif crée un rythme et un jeu de découverte auxquels on se prête facilement avec amusement et surprises. On se dit : C'est quand même fou ce qu'on peut tirer comme son d'un roulement à bille, d'un bloc de métal ou de bois...

image : MUTEK
Anne-Françoise Jacques est une artiste sonore et une mécanicienne de bicyclettes. Dotée d'une formation classique et spécialisée en composition électro-acoustique à l’Université de Montréal, elle excelle depuis 2004 avec ces petits objets. Elle s’intéresse au minimalisme du son, aux grattements, aux ondes électriques et à l'accident sonore. Plus souvent en solo, elle collabore également avec quelques artistes dont Nicolas Dion avec qui elle a créé le projet MiniBloc, un projet axé sur la performance et la création radiophonique. Elle est aussi cofondatrice et membre du collectif le-son 666. Elle a aussi créer des trames sonores pour des films d'animation. Elle se produit dans plusieurs villes, dont Vancouver et Berlin.

Anne-Françoise a trimbalé cette année son étrange attirail au Mutek où elle a su faire sa marque.

http://anne-fff.tumblr.com/
http://soundcloud.com/annef
https://vimeo.com/42157907

mardi 1 janvier 2013

New York


Les tours jumelles de l'Eldorado Building, depuis Central Parc
À voir cette image on pourrait aussi se croire dans une ville soviétique! C'est fou comme les contraires peuvent se ressembler d'un certain point de vue.
photos : Alec


Il y a quelques temps, Suzanne nous avait parlé de ses guides et cartes urbaines favorites, avec entre autres l'édition Cartoville. (La forme d'une ville)

Pour une escapade de quatre jours, je me suis donc procuré la version de ce guide pour New York. Je ne suis pas du genre à consulter un guide avant de partir, car manquant de référents, je feuillette les pages sans que rien ne se passe dans mon inconscient... émotif! Mais une fois sur place, par contre...! J'ai pu ainsi découvrir que ces petits guides Cartoville sont extraordinairement pratiques. Certes moins complet qu'un guide Voir, que j'ai alors consulté en parallèle pour approfondir les explications de lieux et d'histoire, mais tellement plus pratique de part son format et cette ingénieuse mise en page de cartes dépliables, quartier par quartier.

Bien sûr, je ne suis pas allé à New York en vélo. Je n'avais que quatre jours devant moi. Il faut presque neuf heures de voiture, onze d'autobus, et je n'ose pas imaginer combien d'heures de train, pour se rendre à bon port. Non, j'ai simplement pris l'avion. Enfin, simplement... est une idée très abstraite par les temps qui court. Mais bon, en gros, ce fut relativement rapide. Une heure et quart d'avion, plus toutes les fouilles!

Bien sûr, je ne suis pas allé à New York en vélo, mais j'ai quelques fois regretté de ne pas avoir mon fidèle Cervin avec moi, car New York se roule très bien. Même en cette saison il n'y a pas de neige. La chaussée est certes glaciale mais parfaitement sèche.

Premier constat vélocipédique : Le coursier est roi et maître. Il ne ressemble pas à nos coursiers de Montréal qui moulinent leur vélo à pignon fixe ou leur cyclosport maquillé.

Non, la majorité sont d'ordinaires hybrides des années 80, simplement équipés d'un large panier grillagé en métal à l'avant. Certes on peut voir quelque "Fixie" digne de ce nom, roue avant à bâton et cartes coincées dans les rayons de la roue arrière, mais ce ne sont pas les coursiers. Une grande partie des coursiers sont des livreurs de restaurants.

En parlant de restaurant, je dois mentionner quelques bonnes adresses, testées et approuvées!

Si, à la fin d'une bonne journée de marche, car une ville inconnue se découvre tellement mieux à pied, la faim vous tiraille les entrailles, aller vous refaire une bonne dose de fer et de protéine en dégustant un fabuleux filet mignon chez Josie's, sur Amsterdam avenue, dans l'Upper West Side. Je suis rarement aussi séduit par l'ensemble d'un plat car on aura tendance à mettre plus de soin à l'élément principal. Mais là, autant les asperges saisies à point à la vapeur et légèrement grillées dans une sauce soya, ainsi que les pommes de terre en purée rustique sont à se damner. Accompagnez-les par un verre de Cabernet Sauvigion et... Bref, j'y suis allé deux fois!

Mais une bonne journée se démarre au soleil, soit dans un petit café charmant de Greenwich Village, le Café Angelique où le choix vaste vous permettra de vous faire une bonne réserve d'énergie, soit au Nice Matin, sur la 79e et Amsterdam, dans l'Upper West Side. On y trouve aussi de quoi manger à midi et le soir. Une belle carte des vins accompagne un bon choix de plat.


J'ai testé les seules pâtes disponibles. Étranges formes et néanmoins succulentes pâtes au pesto baignant dans l'huile d'olive. Oui, "baignant", car je dois l'avouer, je n'ai plus eu de doute quant à la petite portion servie. Elle m'a remplie dix fois plus qu'espérer. Même si ce plat était très bon, j'ai eu l'impression, pour le reste de la journée, d'avoir bu une bouteille d'huile d'olive. Mais je recommande tout de même cet établissement.

Non loin de là, sur Amsterdam avenue, on trouvera aussi pour le petit déjeuner, le fameux Sarabeth's. Pour les admirateurs de séries et sitcoms télévisées américaines, on y rencontre des vedettes! Ce matin-là, Tim Allen entamait sa journée d'entrevue.
Si en cours de route vous avez un petit creux et que vous vous trouvez sur l'interminable avenue Broadway, à la hauteur de la 58e, tout près du coin Sud Ouest de Central Parc, aller vous sustenter au AQ Kafe. C'est dans un cadre de style nordique très marqué que l'on vous servira des sandwichs savoureux. Je l'ai surnommé le Kafé Ikea!

Mais je dois emmètre une remarque négative générale qui vaut pour tous les établissements que j'ai fréquenter durant ce séjour : Les New-yorkais ne savant vraiment pas faire le café!!!

Josie's
www.josiesnyc.com
300 Amsterdam Avenue

Cafe Angelique‎
www.cafeangelique.com
49 Grove Street

Nice Matin
www.nicematinnyc.com
201 West 79 Street

Sarabeth's
www.sarabeth.com
423 Amsterdam Avenue

AQ Kafe
www.aqkafe.com‎
1800 Broadway Avenue

vendredi 28 décembre 2012

Genève


Genève, rues Basses

Genève n'est pas la Suisse, tout comme New York n'est pas les États-Unis ni Montréal n'est pas le Canada. On ne peut donc pas généraliser sur l'impression d'une seule ville.

Mais Genève ne semble être une ville ni plus cycliste ni moins que d'autres. Elle a toutefois l'avantage d'être de petite surface et les déplacements y sont relativement faciles et rapides, si ce n'est des forêts d'indications de toutes sortes qui obstruent l'horizon. Que ce soit sur poteau ou par terre, le trafic y est tellement réglementé qu'il faut être très vigilant si on ne connaît pas le chemin.

Étonnamment, il m'a semblé qu'il y avait moins de vélos électriques qu'à New York. Pourtant les Européens semblent beaucoup plus adeptes de l'assistance électrique que dans nos contrées.

Quelques vélos stylés y circulent, du genre hollandais ou autres. Mais ils sont rares. La plupart sont, tout comme à New York ou à Montréal, de simples anciens vélos hybrides des années 80 ou 90. Par contre, le scooter a prit une place prédominante dans la ville, ce qui n'aide pas au bruit et à la senteur émanant de ces moteurs deux temps.

Les transports en commun électrifiés, eux, sont rois et maîtres. Du tram à deux ou trois immenses sections articulées, au trolleybus, également tri-articulés, on est presque au tout électrique. Quelque autobus à essence rejoignent les points les plus reculés de la campagne genevoise.

Du fait, justement de ces trams, il m'a semblé risquer, pour certains trajets de vélo, de s'aventurer près des rails qui ont l'air prêts à coincer la roue du cycliste imprudent.

Genève fut, dans les années 80, précurseur du vélo libre-service. La ville avait décidé de "rafistoler" les vélos abandonnés de sa fourrière, de les peindre en rose (vraiment les années 80!!) et de les laisser dans les rues de la ville, complètement libre de service. L'expérience n'a duré que quelque temps, les vélos se faisant décimer par le vandalisme.

Pour les bonnes adresses de restaurant, à noter "Chez ma cousine" en pleine vieille-ville, juste en contrebas du "Bourg-de-Four" qui est le point névralgique de cette vieille cité. On y sert sans faux-semblant et dans un cadre très chaleureux, quelques subtiles recettes de poulet, bien accompagnés et pour un prix étonnement très raisonnable pour le quartier.

Pour ce qui est de l'incontournable fondue, deux adresses : le Café Bon-Vin, où on y sert plusieurs sortes de fondue dont celle au champagne, ainsi que le Gruyerien, à Chêne-Bougeries...
À toujours commander en entrée, une ou plusieurs portions de viande séchée du Valais ou des Grisons, accompagnés d'un frais petit vin banc régional.

Chez ma cousine
6, place du Bourg-de-Four
Vieille-Ville de Genève
022 310 96 96

www.chezmacousine.ch

Café Bon-Vin
17, rue Fr.-Versonnex
Eaux-Vives, Genève
022 736 87 90


Le Gruyerien
2 rue de Chêne-Bougeries
Chêne-Bougeries, Genève
022 349 10 12
www.le-gruyerien.ch

mercredi 19 décembre 2012

Taliah Lempert



Comme dans de nombreuses villes du monde, la culture vélocipédique se transforme quelque fois en art et artistes et s'expose soit en galerie, soit en studio. New York n'y fait évidemment pas exception.

Taliah Lempert est une jeune artiste prolifique et extrêmement bien organisée, qui a élu domicile dans la ville phare, au troisième étage d'un loft, au pied du pont Williamsburg, à Brooklyn. Lorsqu'on y entre on sent immédiatement l'effervescence créative de l'artiste. Les murs sont couverts d'estampes, de peinture et de dessins.
Si l'admiration pour la petite reine ressemble peut-être à de l'obsession, il en résulte un travail en profondeur d'où jaillissent de nombreuses façons de traiter ce thème unique.

Pour avoir été elle-même cycliste sur piste et avoir fait de la compétition, Taliah Lempert, peut se targuer de connaître le vélo de fond en comble. C'est probablement pour cela qu'elle ne sombre jamais dans le kitsch ou la facilité. Ces peintures sont justes et senties.

Elle travail aussi sur commande. Des cyclistes apportent leur vélo afin de les faire poser. Il lui arrive même de recevoir des cartons de vélo de client à l'autre bout du pays. Elle les assemble et en tire le portrait.

Taliah adore New York. Le bouillonnement artistique de cette ville, ainsi que la cultuelle cycliste qu'on y retrouve sont pour elle une grande source d'inspiration. Elle vit dans cette mégalopole, elle n'a jamais eu de voiture et ne vit que par ces vélos!

Allez découvrir son travail sur : www.bicyclepaintings.com
taliah@bicyclepaintings.com

lundi 17 décembre 2012

Artiste en vélo - Melsa Montagne

3 questions à propos du vélo ont été posées à différents artistes.



Melsa Montagne est une jeune peintre montréalaise dynamique et créative qui s'est joint, il y a quelques années, à un concept de duo musique et peinture, le groupe Acrylique Acoustique. Le vélo est pour elle un art de vivre. Il fait partie inhérente à sa vie urbaine.
www.melsa.ca



Q - Melsa, qui êtes-vous?

Melsa Montagne - Authentique et spontanée, je trouve mon inspiration à travers les réactions et les émotions que projettent les gens. Le personnage singulier m’inspire. Une simple promenade dans mon quartier me fait souvent créer deux ou trois œuvres. Travaillant rapidement et sur plusieurs œuvres en même temps, mon choix de médium s'est vite fixé sur l’acrylique. Je recherche beaucoup le retour à la toile lorsque qu’une profondeur s’installe. Je vais mixer le « dripping » aux aplats de couleurs plus graphiques que je fais préalablement. J’utiliserai alors l’encre de chine noir, pour cibler et pour accrocher l'oeil sans pour autant laisser une note malheureuse.

Constamment à la recherche de contrastes forts et signifiants, je m’inspire beaucoup d'anciennes sérigraphies et d’illustrations. Le résultat de certaines de mes erreurs me donne une ouverture sur d’autres avenues. Elle m’aide à créer. Mes œuvres témoignent d’une conscience de la matière. J’y incruste des collages noirs et blancs d’architecture que j’ai pris en photo. Mais mon geste reste souvent spontané.

En 2005, je me propulse dans l’univers public et y prends goût. Développant une aisance à créer rapidement une œuvre en direct dans divers événements, je me joins au musicien Sébastien Moreau, guitariste, du groupe Acrylique Acoustique pour poursuit cette recherche en donnant mensuellement des spectacles à travers le Québec. Parallèlement, j’expose par-ci, par-là, dans les régions de Montréal.

Q - Pour vous, que représente le vélo?

Melsa Montagne - Le vélo est pour moi un idéal de transport, une liberté sur deux roues! J’ai une sensation d’appartenance sur mon guidon… je me sens moi! C’est mon indépendance.
Il est lié à un certain confort, une habitude de vie qui fait bouger. J’adore pédaler et avancer sur la route où l’on ressent l’impact direct de la nature. C’est tellement plus motivant pour continuer à rouler. Peu importe l’état et la sorte de bécane, il est MON mode de déplacement, autant pour le travail que pour le loisir.
Si on parle environnement, je n’ai rien d’autre à dire que dans le meilleur du possible, on devrait tous se déplacer en vélo. Il n’y a que des avantages! Je vous mets au défi de venir me dire qu’il est impossible dans votre cas de l’utiliser pour certains de vos déplacements, et je vous trouve une solution!

Q - Quelle influence a le vélo sur votre quotidien et/ou sur votre création?

Melsa Montagne - Je n’ai pas besoin d’un but spécifique pour prendre mon vélo. L’amour du vélo m’est assez imprimé pour avoir toujours envie de le prendre.
Côté transport, pour l’efficacité versus temps du vélo à titre de rendez-vous, c’est génial! C’est le temps de sortir ses talents de planification d’horaire...


Il me donne satisfaction émotionnelle, psychique et physique.
Juste pour la sensation physique intérieurement lorsqu’on a est arrivée à destination et qu’on reprend son souffle. Quel bien fait! Plus je pédale, plus l’envie de créer me prend et je suis prise entre l’envie de continuer celui de peindre. Alors, j’ai souvent les 2 avec moi, dans mon sac à dos! Je me dois d’avoir un porte-bagages spécialement conçu pour le transport de mes œuvres lors de mes accrochages et décrochage pour mes expositions. Quel bonheur mon autonomie aurait!

Q - Comment le vélo vous fait voir la ville?

Melsa Montagne - J’opte pour le trajet différent chaque fois que je vais quotidiennement à un endroit. Tout est près en ville et il y a tellement à voir qu’on ne peut se limiter à un chemin.
Spontané, le vélo me suit… là où je ne sais pas où je vais… et je découvre. La ville est meilleure et authentique si on la prend telle qu’elle est, lumineuse, brumeuse, froide ou chaude. Le vent nous dit : « habille-toi en conséquence! »






crédits photos et films- Dans l'atelier : Marjolaine Dionne
- Peinture en direct (avec caméraman à côté) : Simon Gaudreau
- Peinture en direct (mes mains qui peind en bleu)
: David Fraser
- Peinture en direct (avec la ''guenille'') : David Fraser
- Peinture en direct (le visage violet) : David Fraser
- Exposition au Barbare : Karine Léger

- Vidéo / teste de texture, séquences photos : David Fraser

samedi 15 décembre 2012

Fin du Monde - Mark Grieve


Bike Arch, Black Rock Desert, NV, Mark Grieve
Markgrieve.com
photo by Steph Goralnick

Il y a un côté "fin du monde" dans cette image fantastique. Mais tout comme l'insecte survivant au cataclysme, le vélo sera toujours là lorsque les combustibles fossiles auront disparu!!!

Mark Grieve n'en est pas à son premier coup d'éclat sculptural. Le vélo est un de ses thèmes de prédilection. En le mettant en scène de façon peu orthodoxe, Mark Grieve nous force à une certaine réflexion sur son état, sa place dans nos sociétés. Il met en exergue le mot "recyclage" en nous faisant bien comprendre que l'étymologie de ce terme comporte bien le mot "cycle". Recycler, c'est donner une seconde vie à un objet ou une matière. Re-cycler? Cycler deux fois? Bicycle? ... Ben oui!

mercredi 7 novembre 2012

Alain Mongrenier - artiste peintre


Technique mixte 90x80

Alain MONGRENIER
Portrait du peintre par Jacques Béal

Un regard sur l’énigme du visible
Pour le rencontrer il faut quitter la ville (Amiens) et rouler à travers la campagne amiénoise jusqu'à Rubempré, son village d’adoption. Sa maison, près de l’église est tout en longueur…/…Dans le prolongement de l’habitation, l’atelier. Au mur des affiches rappellent des expositions dans des galeries françaises (Guy Charrier à Amiens, Jean-Claude Bellier à Paris), des fondations (Gulbekian à Lisbonne) des musées (Antoine Lécuyer à Saint Quentin, musée de San Francisco). Né le 4 Octobre 1940, Alain Mongrenier a déjà fait l’objet de d’importantes rétrospectives à l’abbaye Notre Dame du Gard en 1975 et au Musée de Saint Riquier en 2003.

Retour aux origines. A 7 ans, encore imprégné de l’enseignement des beaux-arts d’Amiens et de romantisme adolescent, Alain Mongrenier est inspiré par des situations extrêmes, la pauvreté, la maladie, la plainte, l’angoisse . Il peint des tableaux sombres, figés, de facture épaisse, reflets de son admiration pour Le Greco, Goya, Soutine et les expressionnistes. L’inspiration, peu à peu se dégage de cette tension dramatique qui s’apparente au « cri » de Munch. Il abandonne les thèmes misérabilistes en élargissant sa palette tant dans les couleurs que dans les motifs. Alain Mongrenier découvre alors la joie d’une musique picturale singulière, plus légère.

Le déplacement des lignes crée le mouvement. Le dessin habite la couleur. Il peint le quotidien, s’intéressant à des sujets qui retiennent peu souvent l’intérêt : ateliers, machines aratoires, abris de jardin, toits de Paris. Dans un esprit identique, ses natures mortes sont composées d’objets simples empruntés à la vie courante : un moulin à café, une lampe, uns cruche, des vélos. L’univers de son atelier – lorsque ce n’est pas l’atelier lui-même – devient, à la façon d’un Courbet, sujet de tableau et prétexte à exploration et à accumulation de chaises, de tables, de chevalets, de châssis, d’où l’homme est en apparence exclu.

Lumière artificielle
Le plus souvent son oeuvre est précédée de nombreuses esquisses et dessins, presque toujours exécutées la nuit à la lumière électrique comme si Alain Mongrenier s’enfermait davantage et prétendait peindre dans une immobilité lumineuse, indifférente aux levers et aux couchers du soleil. Dans cette ambiance neutre il travaille jusqu’à ce que « la toile respire de tous les côtés, que l’œil puise y circuler, qu’elle soit habitable ».

Les techniques se mélangent : acrylique, pastels secs, encres. Au fil des années, la palette se fait plus lumineuse, quittant les teintes marron et ocre. Aujourd’hui apparaissent des mauves, des jaunes, des roses et des bleus subtils jouant avec la transparence, les superpositions, les hasards, le blanc de la toile, pour créer un espace laissé ouvert, avec ses brèches de lumière.

Le portrait reste omniprésent dans l’œuvre de Mongrenier. Ce qui compte, c’est de pouvoir saisir les visages tant de l’extérieur que de l’intérieur, de traduire sur le papier les traits principaux de leur caractère. Alain Mongrenier à la façon de Quentin de La Tour, descend au plus profond de ses modèles et « les emporte tout entier à leur insu », selon les termes du célèbre pastelliste.

Animé d’une sensibilité aiguë , d’un sens développé de l’observation, ce portraitiste utilise d’une façon très personnelle l’encre, la mine de plomb ou le pastel, répartis tantôt en hachures obliques, tantôt en traits serrés, juxtaposés ou entrecroisés avec énergie. Il offre des portraits et des autoportraits d’une surprenante modernité et d’une vie intérieure intense.

Ecarté des influences contemporaines, Alain Mongrenier restitue, plus qu’il ne représente, les secrets du visible. A travers une oeuvre moderne il a le pouvoir de nous faire rêver silencieusement dans un univers marqué par une quête d’absolu.

A la fin des années 50, Alain Mongrenier, bien déterminé a être peintre, n’imaginait certainement pas quelle voie serait la sienne. Aujourd’hui encore après des milliers de toiles qui jalonnent sa tenace aventure, il continue de surprendre et de nous surprendre, comme si, avec lui, nous regardions l’énigme du monde pour la première fois.

vendredi 2 novembre 2012

Vite et Slow

Lorsque je me rendais à mon bureau à ville Saint-Laurent, depuis Saint-Lambert, cela me prenait le même temps, que j'utilise un vélo de compétition ou un vélo de ville.

"Qu'est-ce que tu racontes? Tu ne peux pas rouler à la même vitesse avec en vélo de course et un vélo de ville! "

Bien sûr que non. Mais, avec mon vélo de ville, j'arrivais au bureau en meilleur état! Pourquoi?

Avec un vélo de compétition, j'étais capable, en me donnant à fond évidemment, de faire le trajet en une heure. Au préalable, cela me prenait au mieux un quart d'heure pour me préparer, réunir mes affaires, me changer, c'est-à-dire  enfiler mon maillot, mes cuissards, mes chaussures, mes gants et mon casque. Puis j'entamais mon trajet avec férocité pour ne pas perdre une seconde. Autant dire que dans ma course effrénée, je ne portais attention qu'à la performance et au trafic. Puis, arrivé en sueur au bureau, il fallait encore que je me douche rapidement et que je me change. Un autre quart d'heure. Total : Une heure et demie.

En vélo de ville, j'enfile mon casque et je pars. Je roule au rythme de mes pensées et de mes observations. Je découvre de nouveaux détails architecturaux, des couleurs, des nuances, des fragrances. Je croise des regards amusés. Ok! Il faut dire que mon vélo de ville est plutôt "cool". Lorsque j'arrive enfin au bureau, je m'assois à mon bureau et j'entame ma journée, la tête pleine d'images. Pas de douche car je n'ai pas vraiment forcé. Pas besoin non plus de me changer. Durée du déplacement : Une heure et demie.

Alors pourquoi stresser? La compétition c'est bien, mais en ville, le vélo "de ville" c'est ce qu'il faut!
Et de toute façon, question d'entraînement de base, si je devais m'épuiser à me donner à fond à chaque jour, je ne tiendrais pas une semaine. Alors qu'en prenant cela plus relax, cela permet une base d’entraînement plus régulière et plus constante. Et la motivation de se déplacer tous les jours est plus évidente.

Après tout, pourquoi ne pas profiter de ce déplacement en vélo pour en faire un moment de qualité, d'évacuation de stress et de plaisir, une coupure entre nos vies professionnelles et familial, un « no man’s land » pour l’esprit, dégagé des préoccupations quotidiennes. Ou alors, si l’esprit s’encombre de telles pensées, cela permet de prendre du recul et d’évaluer les problématiques de nos vies plus calmement, de changer l’angle de vue. C’est en tout cas ce que j’ai pu développer avec le temps. Il faut évidemment s’allouer ce temps de déplacements différents. Mais à bien y penser, il est souvent plus rapide de ce déplacer en vélo en ville que de se retrouver coincé, en voiture, par la multitude de travaux qui accentue encore plus les inévitables congestions de circulation urbaine.

Ceci va en droite ligne avec le mouvement « Slow ». Avec le « Slow Food », le « Slow Architecture », voilà le « Slow Bike ».

mardi 9 octobre 2012

L’auto-homobilis

Se mouvoir en ville, en vélo, peut se faire de façon très dynamique, stimulé par l’effervescence de l’environnement urbain, ou, tout au contraire, très sereinement. Tout dépend du choix de vélo (si on a la chance d’avoir plusieurs montures!), du choix de parcours, et… du choix de cerveau!

Il y a des matins où je me sens battant. Peut-être que face à l’adversité de la cité (tiens, on dirait du slam!), ou face aux préjugés des automobilistes, je veux pouvoir me faufiler rapidement et aisément pour leur montrer qu’ils perdent leur temps dans leurs bagnoles. Mais c’est justement cette attitude qui n’aide personne. L’intégrisme vélocipédique est loin d’être l’esprit à adopter pour trouver l’harmonie sur l’asphalte.
Au fait, est-ce vraiment envers les vélos que certains automobilistes, voire la plupart, semblent être en maudit? Je crois plutôt qu’à l’instar du fameux dessin animé de Walt Disney, où l’on voyait un brave banlieusard affable se transformer en véritable monstre sitôt un volant saisit*, les automobilistes québécois ont un manque de civisme notoire. Faites-en l’expérience : 9,95 fois sur 10, lorsqu’en voiture vous signalez un changement de voie, le véhicule qui vous suit en parallèle sur la voie désirée accélérera pour vous empêcher de poursuivre votre manoeuvre, c’est immanquable!

Alors c’est à se demander si l’auto-homobilis est une espèce agressive de facto. Je pense que oui, malheureusement. Et c’est pour cela qu’en tant que cycliste, je ne me sens plus personnellement visé par l’absence complète de courtoisie des tenanciers de volants.

Heureusement, il y a d’autres matins où je me sens relax et j’emprunte une autre sorte de vélo, une autre sorte de parcours et me branche sur une autre partie de mon cerveau qui heureusement, occupe une large partie de ma boîte crânienne.

*Si quelqu'un trouve la référence à ce dessin animé pseudo-éducatif... Je ne l'ai pas retrouvée sur la toile.

photo : Alec

mercredi 3 octobre 2012

BauBike





Le “BauBike”, du designer danois Michael Ubbesen Jakobsen, est inspiré par le mouvement Bauhaus. Ce vélo au style étrange a été présenté au DMY- Festival international de Berlin au début du mois de juin.
Construit autour des formes du carré et du triangle équilatéral, formes typiques du style Bauhaus, le BauBike peut recevoir en option un siège supplémentaire et un porte bagage.