lundi 13 avril 2009

Martin Chamberland - Photographe de presse et cycliste


Jeune femme qui tisse un tapis au Cachemire
Winners of the 3rd annual Friends of the Earth International photo competition
4e place


Martin Chamberland est photographe de presse et cycliste passionné. Si une image vaut mille mots, encore faut-il savoir faire parler les images. Et là, le regard particulier de Martin fait la différence lorsqu'il s'agit d'appuyer au bon moment sur le déclencheur de son appareil. Le photographe de presse vit dans l'instant présent et c'est justement la captation de cet instant qui est à la base même de son métier. Savoir voir les choses sous un angle différent, faire ressortir l'âme d'une personne, ou le détail qui nous échappe. Ou encore nous montrer l'habituel de façon inhabituel afin de nous révéler, en quelque sorte, le vrai visage de notre monde.
Rouler en vélo relève aussi du moment présent. En tout cas, de la façon dont Martin aborde le cyclisme, c'est une passion qui va bien au delà de la simple randonnée.

U. Si tu faisais un rapide autoportrait professionnel, pour commencer.

MC. J'ai débuté à La Presse en avril 1997 (oui oui, en film!) à temps partiel. J'ai ensuite commencé au journal Le Devoir environ un an après cela. J'y ai travaillé deux ans. À peu près en même temps j'ai été à La Presse Canadienne. Je jonglais avec les trois en même temps, parfois dans la même journée! J'ai arrêté ce cirque fou lorsque La Presse m'a embauché à temps plein en novembre 2000.

U. On parle de "l'oeil du photographe" comme la signature même du capteur d'images. Dans ton cas, il va sans dire, il est particulier et remarqué par les nombreuses personnes qui t'engagent. Tu as une approche personnelle pour traiter les sujets. Comment vois-tu les choses qui t'entourent?

MC. L'oeil du photographe, le regard si on veut, est différent à chaque photographe. C'est normal, cela va sans dire et c'est ainsi pour tout, que ce soit l'écriture, la peinture, etc. Mon regard est toujours à la recherche des contrastes, de la lumière, des couleurs et des angles. Je cherche toujours à faire une photo percutante, qui attire le regard du lecteur. Depuis que je suis photographe je suis beaucoup plus observateur de la lumière qui m'entoure, je la remarque presque à chaque étape de la journée, au fil des mois et des saisons. Mais en bout de ligne, je veux que l'impact visuel puisse incorporer le plus de ces éléments afin de rehausser le contenu de la photo.

U. Comment conjugues-tu la vision personnelle d'un sujet et la commande neutre journalistique de l'image?

MC. C'est quelque chose qui se travaille au fil du temps et je crois pouvoir affirmer avec justesse que je réussis bien en ce domaine. Lorsque le sujet que je traite est contraire à mes convictions personnelles, je tente de me visualiser être cette autre personne, ce qu'elle pense, ce qu'elle vit à ce moment précis, pourquoi elle pense et agit ainsi. Je tente de me mettre dans ses souliers et cela m'aide à rester neutre. C'est mon truc à moi, je n'ai pas sondé mes collègues sur la chose.

U. La photo se doit-elle d'être neutre? Peut-elle l'être?

MC. Nous devons tous être conscients, en tant que photographes de presse, que nous avons le devoir de rester le plus neutre possible. Et en ce sens, je crois que nous réussissons toujours à atteindre ce but car notre premier devoir est de chercher à faire une photo qui colle avec l'histoire que nous couvrons. Par la suite, c'est certain qu'il y aura toujours quelqu'un pour débattre du fait que notre travail n'est pas tout à fait neutre. Je peux citer plein d'exemples où je me suis retrouvé à couvrir des sujets avec lesquels mon opinion différait grandement, mais l'éthique et la crédibilité que nous possédons à La Presse sont des choses avec lesquelles je ne badine pas.

U. D'ordinaire, je crois, l'article et la photo de presse se produisent en même temps et indépendamment. Mais arrive-t-il qu'une fois la photo présentée et choisie, cette dernière influence la couleur de l'article qui l'accompagne?

MC. C'est très rare. La raison en est fort simple. À La Presse, lorsque nous travaillons, journaliste et photographe vont habituellement chacun de leur bord. Les deux font leur travail presque sans se consulter. C'est pas mal dommage en y pensant bien, mais les choses sont ainsi. Il est donc difficile que le travail de l'un ait une incidence sur le travail de l'autre. Mais j'ai remarqué qu'à chaque fois que j'interrogeais le journaliste afin d'en soutirer le plus d'infos, la photo qui en ressortait se rapportait mieux à l'histoire.

U. Y a-t-il un devoir de réserve en photographie de presse?

MC. Oui il y a un devoir de réserve. Et ce devoir de réserve peut venir du photographe, du journaliste, d'un pupitreur ou d'un patron. Lorsque le sujet peut causer préjudice à la personne interviewée ou à l'histoire qui s'y rattache, il faut faire preuve de prudence. On fait souvent des photos de gens qui ont le dos tourné au photographe afin de ne pas les reconnaître, ou on utilise la technique de l'ombre chinoise, c'est-à-dire de ne voir qu'une silhouette. Il y a aussi le flou qui peut être utilisé. Ce sont d'ailleurs toutes des techniques que j'ai utilisées récemment pour couvrir une histoire d'un enfant qui a subi du harcèlement à l'école comme le jeune David Fortin que l'on ne retrouve plus depuis plusieurs semaines. J'ai sorti tous ces trucs de mon chapeau et j'ai été relativement satisfait du résultat.
Mais si on revient au sujet principal de la question, le devoir de réserve, c'est quelque chose que je fais probablement une fois par semaine. Je ne soumets que les photos que j'aime vraiment, soit pour leur contenu visuel ou pour leur proximité avec l'histoire racontée. C'est vraiment rare que mes patrons me demandent de soumettre de nouvelles photos car celles que j'avais initialement choisies ne leur plaisaient pas. Les patrons ne voient jamais toutes les photos que l'on prend car, en premier lieu, cela prend beaucoup trop de temps. Puis ensuite ils nous font pas mal confiance. Et de plus, le processus de sélection des photos se fait par le photographe dans un bureau à l'écart du reste de la salle de rédaction, ou carrément en dehors de La Presse comme je fais souvent.

U. Y a-t-il des secteurs délimités dans le métier de photographe de presse, ou êtes-vous libre de toucher à tous les sujets?

MC. Bien heureusement nous avons la chance de toucher à une multitude de sujets. C'est ce qui m'intéresse dans la photo de presse car cela nous amène à explorer tous les aspects de la vie humaine, l'humain sous toutes ses coutures.

U. Quels sont tes sujets de prédilection?

MC. La photo de reportage à l'étranger. Les cultures du monde m'intéressent énormément. J'aime aussi la photo de sport. Puis j'aime les reportages de longue haleine, qui nécessitent parfois même une recherche des ressources se rapportant au sujet.

U. Tu as fait une série de photos de Sylvestre Calin, propriétaire de la boutique de vélos Brakeless sur l’avenue Parc, spécialisée en "Fixie" (Vélo à pignons fixe). Quel est ton point de vue de ce mouvement en marche? Et sur le vélo urbain en général?

MC. Premièrement je dois te féliciter pour ton sens de l'observation car moi-même je n'ai toujours pas trouvé cette photo dans le journal, je l'ai manquée! En ce qui concerne les vélos à pignon fixe, je les aime beaucoup et je dois dire que j'aime surtout ce que Sylvestre fait. Il redonne une âme à des vélos qui n'en ont plus à cause des développements technologiques. C'est bien correct d'avoir une usine et de fabriquer 500 000 vélos par année, mais c'est également très beau de voir Sylvestre s'attarder à créer des oeuvres d'art avec ces vieilles bécanes qui autrement seraient vouées à l'abandon dans un sous-sol empoussiéré. J'adore là où est rendu le style urbain, qui semble avoir forgé son style sur celui des courriers à vélo.
Là où je mets un bémol, c'est que je crois que l'utilisation du pignon fixe qui est faite actuellement, relève d'une sorte de mode au détriment de la santé des genoux. Je ne suis pas convaincu que c'est le meilleur outil pour les courriers à vélo. Certains mécanos et propriétaires de boutiques de vélo disent que le pignon fixe finit par blesser les genoux de celui qui l'utilise trop. Mais tu sais, en ce qui me concerne lorsqu'il est question de vélo, je les aime de toutes les façons; route, montagne, piste, BMX, style Amsterdam, beach cruisers, hybride, name it!

U. Tu es également cycliste. À quel niveau?

MC. Je suis un grand passionné du cyclisme. J'aime tellement pratiquer ce sport que je ne saurais vraiment décrire la chose. Ce sport m'a d'ailleurs apporté beaucoup et je ne vois pas le jour où j'arrêterais de le pratiquer. Je fais du vélo de façon sportive une "coche" en dessous de la compétition, si l'on peut dire ainsi. J'ai fait des camps d'entraînement six années de suite en Virginie. Je suis allé rouler deux fois en Italie. J'ai roulé un peu en France, en Irlande, dans plusieurs autres états des États-Unis. Je pratique ce sport ainsi depuis que j'ai 13 ans, cela fait donc 22 ans de cela! Et tout cela est la faute à Steve Bauer. Je regardais la télé un après-midi et je m'ennuyais. Je suis arrivé à syntoniser le canal où l'on diffusait la course des Amériques (j'oublie le nom officiel de cette course qui a duré 5 ans à Montréal), la première édition où Steve avait remporté la course. J'ai tellement été subjugué par ces images, les vélos, la trame dramatique de la course, la façon que les cyclistes roulaient en peloton à travers les rues de Montréal, que je me suis lancé sur mon vélo immédiatement après la course et je me suis mis à rouler à tous les jours.
Je n'ai jamais arrêté depuis. Grâce au vélo j'ai pu faire des rencontres, dont Steve Bauer lui-même, et plusieurs autres, qui aujourd'hui sont des amitiés permanentes. J'ai eu la chance de rouler avec Dom Perras à plusieurs reprises, Dominique Rollin lorsqu'il a été guide en Virginie, toute la gang des mardis Lachine, Marc Dufour, Bruno Langlois, Pascal Choquette, Alexandre Cloutier. En fait il y en a tellement que j'oublie. Puis au-dessus de tout cela, il y a les anecdotes inoubliables, ces histoires, ces paysages que je garderai avec moi tout au long de ma vie avec lesquelles j'embêterai ma fille et peut-être mes petits enfants un jour à leur raconter en détail.

...Lire la suite de l'entrevue
Martin Chamberland - Photographe de presse et cycliste (suite)

Voir et lire le blogue de Martin Chamberland
http://martinchamberland.wordpress.com/

lundi 6 avril 2009

Premières impressions


photos : Alec
Sac de selle, sacoche et pédales "clipless" Frog Speedplay non inclus.
Le Cervin a des pédales plateforme Wellgo.

Jeudi 2 avril. Enfin une belle journée en perspective. Je me lance sur le long chemin du travail (60 km aller-retour) pour tester en situation réelle, le Cervin. Bien sûr, nous avions abondamment testé le prototype à la fin de l'été 08, dans l'entrepôt et aux alentours. Et les impressions étaient déjà très satisfaisantes. Mais me voici sur le terrain, dans la vraie vie, tel l'amateur de vélo découvrant pour la première fois sa nouvelle monture.

Bon, ok, je ne suis certainement pas des plus objectifs. Que voulez-vous (comme disait l'autre), j'ai un certain parti pris, voire même un parti pris certain pour nos vélos. Mais je voudrais ici partager les impressions et les analyses que l'on fait lorsqu'on développe un vélo. Bien sûr, il s'agit d'impressions d'après conception. C'est-à-dire que les tests les plus critiques, afin de déceler les erreurs et y apporter les améliorations nécessaires, ont déjà été faits durant le processus de réalisation.

D'emblée, ce qui surprend c'est la stabilité du vélo. Nous avons cherché l'équilibre parfait entre la stabilité et la nervosité, afin que le comportement routier soit précis, que le vélo soit facile à conduire et qu'il ait de bonnes et rapides réactions, tout en étant très stable et rassurant pour un cycliste occasionnel. Le large guidon procure encore plus de stabilité, et son élévation redresse le haut du corps offrant une meilleure vue périphérique, ce qui est très important en situation urbaine.

Pour avoir longtemps roulé sur des vélos de route très performants, je me suis surpris à lui trouver des qualités d'accélérations surprenantes. Cela est dû au fait que nous n'avons pas trop allongé les bases, ce qui aide à transférer la puissance de pédalage directement à la roue arrière.

Avec cette maniabilité et ses qualités d'accélérations, cela en fait un vélo vraiment plaisant à rouler. Il est vrai que grâce à son cadre en aluminium et malgré tout son équipement, il ne pèse que 31 livres (14 kg).
Je n'ai jamais été un fervent des manettes "GripShift", manettes rotatives de changement de vitesses, mais je dois avouer que leur simplicité d'utilisation et leur précision sont vraiment agréables. Elles sont tout à fait appropriées à ce genre de vélo. Et la combinaison des dérailleurs Shimano Acera 8 vitesses, à l'arrière et Shimano Tourney, pour 3 plateaux à l'avant, est précise, souple et douce. Grâce à ses 24 vitesses, on vient facilement à bout de n'importe quelle côte.

Nous avions eu quelques remarques de certains de nos détaillants face à la grosseur des tubes du porte-bagages. Mais je peux rassurer tout le monde, 95% des sacoches que l'on retrouve sur le marché s'adaptent parfaitement à ce porte-bagages. Je le voulais costaud visuellement et physiquement, afin de s'harmoniser esthétiquement au cadre du vélo. Ainsi cela donne une impression d'unité. D'ailleurs, le fait de le peindre de la même couleur que le cadre renforce aussi cette unification. On aurait pu le faire souder au cadre, mais on s'est dit qu'il serait mieux de les installer avec des boulons, pour qu'en cas de bris, on puisse facilement le remplacer sans altérer le reste du vélo.
Pourquoi des garde-boue en métal plutôt qu'en plastique, ce qui aurait été un peu plus léger? Le plastique, une fois déformé par le temps, la chaleur ou autre mauvaise utilisation est irréparable. Le métal, pour sa part, peut en tout temps être facilement redressé. De plus, les peintures sur métal et les peintures sur plastique ne réagissent pas de la même façon. Il aurait été laid d'avoir un désaccord de coloris. Et encore une fois, par souci d'intégrité, je ne voulais pas mélanger les matériaux.
La selle Ora voyage, que nous utilisons depuis quelques années sur les vélos de "touring", à fait ses preuves. Effectivement, pour mes premiers 60 km de l'année (honte sur moi!), elle s'est montrée très discrète!
Les poignées rembourrées seront très appréciées des personnes qui se plaignent d'engourdissement des mains au bout de quelques kilomètres.

Un de mes critères de qualité, pour n'importe quel véhicule, que ce soit voitures, motos ou même mes planches à roulettes (!), c'est le silence. Pas de vibrations. Pas de bruits dérangeants. Et le Cervin m'a impressionné à ce titre : le silence complet! Même le moyeux roue libre est muet de cliquetis. Ce qui donne une impression justifiée d'intégrité du vélo. C'est la première année que nous créons ce genre de bicycles. Je ne pensais pas qu'un vélo tout équipé de porte-bagages, garde-boue, garde-chaîne et béquille puisse être aussi silencieux. Même les pires cahots des rues de Montréal n'ont ébranlé son flegme stylé. Ses pneus à larges dessins ont une bande de roulement très douce et ne sont pas trop gros afin de réduire la friction au sol.

Bien sûr, pour effectuer une navette "travail-maison" aussi longue, je recommande tout de même un vélo urbain performance, tel que le Capriccio, l'Orpheo ou l'Adagio. Le Cervin, quant à lui, est mieux adapté pour des déplacements plus courts, des déambulations urbaines d'une dizaine de kilomètres. C'est justement son affectation. Trouver du plaisir dans des parcours citadins multidirectionnels. Tricoter la ville à son rythme!

jeudi 2 avril 2009

La "chose" est dans la maison





photos : Alec

Ça y est, la "chose" est arrivée à la maison. Le Cervin. Première édition de production du vélo de la gamme Urbanista d'Opus. Après avoir essayé le prototype à la fin de l'été passé, j'ai dû ronger mon frein durant tout l'hiver en attendant les beaux jours et l'arrivée du vélo de production. Certes, il était disponible en décembre dans les magasins, mais j'attendais mon tour (enfin presque). Cordonnier mal chaussé? Oui, si on veut. Mais maintenant, ce n'est plus le cas.

Donc, j'ai sorti le vélo de son savant emballage de transport pour finir l'assemblage. Opération simple dans ce cas, car une bonne partie du travail est déjà faite, et bien faite.
Premiers constats : La couleur! De part son fini sablé, velouté, la surface des tubes vous transmet une sensation rugueuse et douce à la fois. Vieillot et neuf! Les poignées en cuir, cousues au gros fils et la selle à l'accent de cuir confirment le concept néoclassique.
Bref, je pourrais faire le tour des éléments et détails de ce vélo, mais je sombrerais probablement dans un style d'article qui aurait l'air d'une info-pub. Que voulez-vous, je suis fier de ce vélo, fier d'avoir créer, avec Stéphane Le Beau (chef de produit) et Mike Bajohr (chef de production), quelque chose qui suscite autant de réactions positives venant autant de cyclistes chevronnés, ou de cyclistes amateurs que de personnes qui ne roulent même pas en vélo et qui, en voyant cette monture, déclare leur désir de s'y mettre. Et c'est là un de mes buts en tant que designer de vélo.

Maintenant que le Cervin est arrivé chez moi, va-t-il devenir mon compagnon de navette entre mon travail et ma maison? En avant pour de folles aventures... Heu! Calmons-nous! On y va mollo. « chi va piano, va sano e va lontano » (proverbe italien : qui va doucement, va sainement et va loin.)

mercredi 1 avril 2009

Projet "ArtBike" - 1



Début du projet "ArtBike". Le nom est un jeu de mot phonétique issu du mot allemand "arbeit", le travail. Selon la définition de Wikipedia, le "Travail", dans le milieu de l'art contemporain, désigne à la fois l'oeuvre en cours de création mais aussi l'ensemble de la production d'un artiste.
Cette dualité de définition permet en fait d'insister sur la notion d'élaboration permanente (ou work in progress).

C'est donc un travail en progression que j'entame dès maintenant. Il s'agit de créer des oeuvres originales sur des cadres de vélo. Jusque-là, rien de bien nouveau. Mais ce que je veux arriver à faire est de trouver l'équilibre entre l'oeuvre originale et la production, afin d'offrir aux amateurs d'art et de cyclisme la possibilité d'avoir une oeuvre unique, mais dans la taille de cadre appropriée.

Comment? Reproduction? Non. C'est en jouant sur un de mes possibles défauts qui est la répétition. En peinture, j'ai tendance à faire des séries (www.alec5.com). Cela vient du fait que, pour casser le syndrome de la page blanche, je pars de front plusieurs toiles en même temps. Ou, dans d'autres cas, cela me permet d'essayer de mettre en valeur un détail d'une toile que je suis en train de faire, sur une autre toile. Bref, il arrive que certaines toiles s'enchaînent au point où l'on pourrait faire des suites, sortes de "multiptyques".

Partant de cette façon de faire, je me suis dit que je pourrais appliquer cette approche sur les cadres de vélo en développant deux ou trois styles par exemple. Ainsi l'amateur pourrait choisir un style d'habillage et la taille de son cadre. Il en résulterait quand même une oeuvre unique à chaque fois.

Bon, il faut maintenant que je me lance. Il va falloir apprivoiser cette nouvelle surface en trois dimensions. La peinture elle-même, à une qualité très différente de l'acrylique que j'utilise sur les toiles conventionnelles. Cela va-t-il influencer le style? La technique va-t-elle changer? Probablement.
Avec l'aide de Jean-François Thibeault, de Exor Peinture, on va développer les techniques nécessaires afin que le résultat rencontre la qualité de finition maximum que peuvent attendre les amateurs de vélo haut de gamme.

Donc : Suite au prochain épisode!
Projet "ArtBike"

lundi 30 mars 2009

Slow Cycling



Musique: Gasoline - Brad Sucks
Source :
www.amsterdamize.com

"Slow Cycling"

En créant les vélos Urbanista, nous voulions aborder l'image du vélo urbain d'Amérique du Nord de façon différente. Ces images de cyclistes à Amsterdam reflètent cette façon de penser. Tous est dans l'allure. Pas seulement l'allure vestimentaire, car on est loin du cuissard et du maillot, mais aussi, et surtout, dans la façon de se déplacer en vélo.
Il n'est pas question d'effort. La mise en forme se fait "de facto". Il n'est pas question de performance, mais de confort et d'un rythme différent. Malgré qu'au titre de la performance, le fait de bien choisir les composants du vélo en le créant, est un gage de douceur de roulement et de changement de vitesses. Même au niveau de la géométrie, la recherche de stabilité procure un confort et une assurance qui aide aussi à faire baisser le niveau de stress. On profite alors du déplacement pour se décharger des turpitudes de la vie urbaine.
Bien sûr, il faut aussi choisir ses parcours. Il n'est pas toujours facile d'éviter de se retrouver au milieu d'une circulation automobile. Mais il y a toujours moyen de trouver des chemins alternatifs. Évidemment, happé par le temps, on a tendance à se presser en tout. N'y a-t-il pas là une profonde réflexion à faire sur notre façon d'aborder le transport? Puisqu'il s'agit d'un mal nécessaire, pourquoi ne pas en faire un bénéfice?
Dessiner les vélos Urbanista relève exactement de cette question.

Bref, ces images de cyclistes européens sont inspirantes et nous font réfléchir sur la condition du vélo urbain dans nos villes d'Amérique.

mardi 24 mars 2009

Voir le concret - Olivier Blouin


photo : Olivier Blouin

Architecte de formation, le photographe montréalais Olivier Blouin à une fascination pour le béton, pour les structures massives grisâtres ou beiges. C'est une observation, un témoignage de l'urbanité dans son fondement même.
Olivier Blouin est aussi photographe pour diverses publications, telles que : Grafika, Azure, A+U, Urbania, Voir Montréal

Le béton est synonyme d'urbanité. Plusieurs sports ce sont développés sur ces surfaces. Le "skateboard", ou le "freestyle fixie" par exemple.
Cela me fait ressurgir des souvenirs d'enfance de jeux à bicyclette dans les garages souterrains d'immeubles locatifs. Les volumes, les formes, les odeurs, mais aussi la sonorité même du matériau créent chez certains une envie de s'en emparer comme pour braver une forme "d'adversité de la cité".

Pour comprendre la vie dans le béton, à voir à l'Atelier Punkt jusqu'au 8 avril.

Atelier Punkt
5333 Casgrain, Local 205 A, Montréal
(514) 458-7960

lundi 23 mars 2009

Le vélo s'efface-t-il?


Bicycle, 1984 National Gallery

Robert Milton Ernest Rauschenberg (né le 22 octobre 1925 à Port Arthur, Texas, et mort le 12 mai 2008 à Captive Island, Floride), était un artiste plasticien américain. Considéré comme l'un des plus grands représentants de l'expressionnisme abstrait comme le précurseur du Pop Art, ses diverses réalisations vont de la peinture à la gravure, en passant par la photographie, la chorégraphie et la musique.
- Source Wikipedia

C'est suite à un des dessins de Willem de Kooning que Robert Rauschenberg a explorer et pratiquer la technique de l'effacement de l'image.

Au-delà de l'oeuvre de Rauschenberg, on pourrait se poser la question suivante :
Dans cette société, quasi "civilisation de l'automobile", les villes semblent-elles vouloir effacer l'existence même du cycliste et du piéton?
À l'instar de la tendance nouvelle des centres d'achat à ciel ouvert où il est pratiquement impossible de circuler à pied sans risquer de se faire écraser, les villes d'Amérique du Nord se sont développer en fonction de la machine automobile uniquement, empêchant au vélo la liberté totale de passage.
Les ponts modernes de grandes cités, par exemple, pour la plupart, ne sont conçus que pour accommoder que les véhicules à moteur.

Il est étonnant de remarquer que Rauschenberg est né dans une ville dont la principale activité économique était le raffinage du pétrole. Était-il sensibilisé par la question environnementale? Probablement. Sa peinture peut certainement en témoigner.


En soulignant des vélos à l'aide de néons, Rauschenberg semble vouloir remettre l'emphase sur l'objet et l'intégrer au milieu urbain par un élément anecdotique propre à ce dernier.


photo : Vincent West
Rauschenberg à Bilbao, Guggenheim Museum

jeudi 19 mars 2009

Trucs et astuces - Pour ne pas forcer


Photo : Alec

Trucs et astuces - Pour ne pas forcer


Quelques trucs faciles à retenir pour trouver la bonne force à mettre dans les jambes sans se fatiguer :
  • Si vos cuisses chauffent sur un parcourt plat, c'est que votre selle est trop basse et ne permet pas une bonne extension de vos jambes. Afin de déterminer la bonne hauteur de selle, assis sur la selle, posez votre talon sur la pédale. Votre jambe devrait alors être en pleine extension. Dans la position normale de pédalage, c'est-à-dire votre pieds posé au premier tiers avant sur la pédale, votre jambe sera alors légèrement pliée. C'est l'angle d'extension optimal pour être confortable et évité la fatigue des muscles et ligaments.
  • Toujours choisir une vitesse de dérailleur en dessous de votre effort. Il ne sert à rien de vouloir pédaler lentement sous prétexte de ne pas trop s'agiter. C'est en fait le contraire qui se passe. Si vous pédaler trop lentement en forçant, vous épuiserez plus vite vos forces. Mieux vaut "mouliner" un peu plus vite, mais "plus léger" sur la pédale.
  • Lorsque vous entamer une côte, abordez-là calmement, en mettant une vitesse inférieure, selon le même principe que le point 2. Imaginez à quelle vitesse vous allez vous retrouver en haut de la côte, ceci vous donnera la cadence à adopter pour ne pas faire fondre inutilement vos forces. Si vous avez l'impression de faire du sur place et que vous avez des difficultés avec votre équilibre, c'est que votre de vitesse au dérailleur est encore trop grande et que vous pédalez trop lentement.
  • Si vous roulez en groupe, ne vous laisser pas influencer par le rythme des autres. "chi va piano, va sano e va lontano" (qui va doucement, va sainement et va loin)

mercredi 18 mars 2009

Chinetik


Tricycle avec tables, Beijing 2008
photo : Nils Fisch, Basel


Communiqué de presse
Bâle, le 10 février 2009


Chinetik
Une exposition du Musée Tinguely et Littmann Kulturprojekte
du 11 février au 19 avril 2009

Si le pousse-pousse était communément répandu dans toute la Chine avant l’ère moderne, sa place a été occupée au 20ème siècle par le vélo à trois roues. Dans la capitale Beijing (Pékin) le vélo à trois roues ou tricycle était omniprésent. Inimaginable de se représenter une rue fréquentée, un marché, une rue commerciale ou un quartier de loisirs, voire une déchetterie sans tricycles. Plus de 30 exemplaires de ces véhicules furent rachetés dans les rues de Pékin par Littmann Kulturprojekte, certains avec, d’autres sans leur chargement. Les tricycles avec cargaison furent laissés tels quels, ceux qui n’en avaient pas furent confiés à des artistes avec la mission de les transformer. Ces deux groupes de tricycles sont maintenant réunis dans une exposition au Musée Tinguely. Un seul exemplaire figure dans l’ensemble, véhicule de seconde main, en état de marche mais sans précision quant à son utilisation originelle. Si Jean Tinguely était encore en vie, les termes « Chine » et « Cinétique » (mouvement) l’inciteraient peut-être spontanément à créer celui de "Chinetik".

Leur présentation sur des socles les élevant au rang d’objets d’art, les tricycles – auparavant des plateformes de commerce (« vitrines » mobiles), cuisines sur roues, cages à animaux ou véhicules servant à divers transports (aliments, ustensiles de ménage, meubles, détritus) – perdent leur caractère d’objets ethnographiques illustrant la culture au quotidien pour devenir des pièces de musée. Par opposition sont exposés des tricycles reconvertis en objets d’art. Divers artistes à l’est (Chine) et à l’ouest (Europe, USA) furent mandatés de reconcevoir des tricycles neutres et sans chargement et de leur insuffler un contenu artistique. La seule condition à laquelle ils devaient se soumettre était de respecter l’état de marche des tricycles ; sinon, ces divers artistes (dont entre autres Wang Guangyi, Thomas Virnich, Ulrike Schröter, Peter Kogler, Daniele Buetti, Robert Rauschenberg, Guillaume Bijl, Stephen Craig) pouvaient donner libre cours à leur fantaisie. Le Musée Tinguely en collaboration avec Littmann Kulturprojekte présente sous le titre "Chinetik" cette première exposition d’interventions d’artistes originaires de Chine et d’Allemagne, de Belgique, d’Irlande, des Pays-Bas et d’Autriche ainsi que des États-Unis et de Suisse côte à côte avec des tricycles originaux avec leur chargement, derniers témoins d’un aspect de la culture chinoise au quotidien.

Le tricycle se fait de plus en plus rare dans la vie de tous les jours en Chine grâce à la forte augmentation de la prospérité due à la mondialisation, surtout à Pékin où en vertu des Jeux Olympiques de 2008 il y eut un extrême élan de modernisation. Au milieu des années 1990 les tricycles étaient partout, en 2008 ils étaient devenus rares. Qu’en est-il du tricycle dans la Chine de demain? Est-il simplement une pièce de musée à classer entre objet ethnologique ayant trait à la vie quotidienne et intervention artistique?

Musée Tinguely
Paul Sacher-Anlage 2
Case postale 3255
CH-4002 Bâle
Tél.: +41 (0)61 681 93 20
Fax: +41 (0)61 681 93 21